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« Age of Empires » : Pour la première fois, le Louvre s’empare du jeu vidéo comme outil pédagogique
Choc des générations•Le Louvre a dévoilé un partenariat avec le jeu de stratégie « Age of Empires II » à l’occasion de son exposition sur les MamlouksQuentin Meunier
L'essentiel
- Le Louvre s’associe au jeu vidéo Age of Empires II pour créer un scénario inspiré de la bataille d’Aïn Djalout, en lien avec son exposition « Mamlouks », proposant ainsi une nouvelle approche pédagogique pour attirer le public.
- Cette collaboration vise à montrer que « l’histoire n’est pas figée et se véhicule dans la culture populaire », selon Ravith Trinh du Louvre, tout en garantissant une fidélité historique grâce au travail conjoint des équipes du jeu et du musée.
- Le partenariat s’inscrit dans une volonté d’utiliser la culture populaire pour attirer un public plus jeune, même si le musée n’envisage pas encore d’intégrer directement les jeux vidéo dans ses expositions, préférant les utiliser comme outils d’accompagnement avant ou après la visite.
Une décennie après avoir utilisé des consoles Nintendo 3DS comme guide de visite, le Louvre récidive avec une incursion inattendue dans l’univers du jeu vidéo. À l’occasion de l’exposition « Mamlouks », visible jursqu’au 28 juillet, l’institution a dévoilé un partenariat avec Age of Empires II, monument du jeu de stratégie en temps réel. Ensemble, ils ont conçu un scénario inédit inspiré de la bataille d’Aïn Djalout (1260), opposant les Mamlouks à l’armée mongole, accessible en ligne à tous les joueurs.
Les amateurs du jeu culte se souviendront de longues après-midi passées à cliquer pour ordonner leurs chevaliers et archers d’envahir des contrées ennemies. Pour les néophytes, Age of Empires est un jeu de stratégie où l’on incarne des civilisations historiques pour les faire prospérer à travers les âges. Le scénario conçu pour le Louvre transporte les joueurs au XIIIe siècle, à l’heure où le général mamlouk Baybars et le sultan Qutuz piègent et défait les Mongols, marquant un tournant dans l’expansion de l’Empire. « Tout s’inspire de ce qu’on sait de cette bataille. En tant qu’historienne, je trouve que c’est quand même la base, surtout lorsque qu’on a des sources, si on retient quelque chose autant le retenir avec justesse », commente Caroline Mathy Permezel, historienne de l’art, guide conférencière. Elle accompagnera les participants durant les ateliers, en leur apportant des éclairages historiques avant la partie, puis lors d’une visite dans l’exposition.
« Age of Empires », créateur de vocation
À l’origine de cette collaboration, une proposition venue directement du Louvre. « Ce sont eux qui ont contacté le studio », précise Marc Isaly, responsable communication chez Xbox France, qui édite la série Age of Empires. « Les équipes ont travaillé main dans la main avec le commissariat de l’exposition pour garantir la plus grande fidélité historique », ajoute-t-il. Une ambition qui résonne particulièrement avec l’ADN de la saga vidéoludique : « Age of Empires transpire l’histoire, reprend Marc Isaly, qui se décrit lui-même comme un passionné de la matière. Les Mamlouks y sont une unité iconique, et le studio les a même retravaillés au fil des années pour mieux coller à la réalité, en remplaçant notamment les chameaux par des chevaux. »
Le jeu devient alors une porte d’entrée vers le passé. « Beaucoup de gens découvrent un intérêt pour l’histoire à travers Age of Empires, poursuit Marc Isaly. On aime l’idée que le joueur ait envie d’en savoir plus après la partie. D’où l’importance des capsules de narration avant ou après les missions. Avec l’atelier et l’exposition, on a une expérience complète. »
« L’histoire n’est pas figée »
Pour Ravith Trinh, responsable de la communication réseaux sociaux au Louvre, ce partenariat est tout sauf anecdotique. « C’est la première fois qu’un jeu vidéo est utilisé comme outil pédagogique au musée, félicite-t-il. On en est très fiers. » L’objectif est clair : parler autrement au public, et notamment aux plus jeunes. « Le jeu vidéo fait partie de la culture populaire. Il permet de montrer que l’histoire n’est pas figée et se véhicule dans la culture populaire. On espère que les joueurs pousseront les portes de l’exposition. »
Tous nos articles Jeux VidéoUn enjeu de médiation crucial, mais qui ne préfigure pas encore l’arrivée des manettes directement dans les couloirs du musée. « Cela sert d’accompagnement avant ou après plutôt que pendant la visite, décrit Ravith Trinh. D’autant que l’intérêt du jeu, c’est d’y jouer, et ça demanderait une certaine logistique pour mettre ça en place dans une exposition. C’est plutôt dans la communication autour que l’on peut activer ces références à la culture populaire. » Des deux côtés, pourtant, on n’écarte pas l’idée de renouveler ce type de partenariats à l’avenir. Tant que cela attire lepublic, la partie est gagnée.


















