« Mario Kart World » : On vous explique les problèmes du capitalisme avec Mario Kart
Critique•Le nouveau « Mario Kart » qui sort en même temps que la Switch 2 nous apprend que les jeux vidéo, sont une triste leçon sur la dureté de notre système capitalisteQuentin Meunier
L'essentiel
- Mario Kart World, le nouveau jeu de la Nintendo Switch 2, propose une expérience de course chaotique avec 24 joueurs.
- Faut-il y voir une métaphore de la lutte des classes ? Peut-on déceler dans les défauts de son monde ouvert, une critique de l’injonction à la compétition ? On vous explique ça en toute bonne foi.
- Ce nouvel épisode propose de nombreuses nouveautés sur la forme. Mais dans le fond, le plus important reste toujours la course (et envoyer des carapaces sur son voisin).
Ce jeudi sort la Nintendo Switch 2 et, avec elle, Mario Kart World. Le jeu de courses promet des heures d’amusement pour toute la famille, de 7 à 77 ans. Mais en réalité - les vrais vous le diront –, Mario Kart est un monde impitoyable où seuls les plus vicieux peuvent survivre. A l’image de la vie.
Alors 20 Minutes a décidé de vous expliquer les nouveautés de ce nouvel épisode à la sauce carapace.
Les pauvres se battent entre eux et les riches restent riches
Mario Kart, c’est le chaos. Dans le peloton, impossible de rouler 30 secondes sans avoir à esquiver un voisin, une banane ou une carapace rouge. Et dans Mario Kart World, c’est encore pire : la course passe de 12 à 24 joueurs. Deux fois plus de candidats que dans les épisodes précédents, pour la même ligne d’arrivée. Résultat : au milieu, c’est la bagarre générale pendant que les premiers tracent leur route tranquilles. Comme dans la vraie vie : les classes populaires s’écharpent sur les miettes pendant que les ultra-riches s’éloignent, hors de portée. Et dans la vraie vie, il n’y a pas de carapace bleue (qui survole le peloton depuis l’arrière et atomise le leader de la cours) à envoyer sur le compte en banque de Bernard Arnault.
Un monde de possibilités infinies, et l’obligation de rester compétitif
Grande nouveauté : Mario Kart World propose un mode « monde ouvert », façon Forza ou The Crew. Vous pouvez rouler librement, explorer des biomes variés, réaliser quelques missions secondaires… et pourtant, au bout d’un moment, vous revenez à ce que le jeu fait de mieux : la course, la baston, la gagne. Parce que sans objectif, sans classement, on tourne un peu en rond. Un peu comme dans notre société, où même dans un monde aux possibilités infinies, l’injonction à la performance revient toujours. Rêver, c’est bien. Mais à un moment, il faut retourner balancer des carapaces pour ne pas se faire oublier.
L’individualité, c’est cosmétique
Mario, Luigi, Peach, et désormais… même la vache du circuit Meuh-Meuh. Mario Kart World vous permet d’incarner n’importe quoi, - littéralement –, et de personnaliser votre kart avec des stickers, et votre personnage avec des costumes. C’est fun. Mais au final, celui qui gagne, c’est celui qui dérape bien et évite les peaux de banane. Tout comme dans la vraie vrie : tu peux exprimer ta personnalité à travers ton look, tes tatouages ou ton fond d’écran d’ordi, mais dans un système compétitif, l’apparence ne pèse pas lourd face à l’injonction de rentabilité.
Rien n’est gratuit : on vous prend vos objets sans prévenir
Ce n’est pas une nouveauté, mais ça reste une belle leçon d’économie : dans Mario Kart, tout peut vous être repris à tout moment. Vous avez chopé trois champignons rouges ? Un fantôme vous les vole pour les filer à un autre. Vous tombez dans le vide ? Le Lakitu vous repêche, mais vous taxe quelques pièces au passage. Comme les impôts ? Oui. Et justement, la date limite de déclaration, c’est maintenant. Alors dites-vous que sans ça, pas de services publics, ni d’entretien de la route… même arc-en-ciel.



















