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Affaire Jean Pormanove : Kick échappe à la suspension en France
Justice•Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté ce vendredi la demande de l’État français de suspendre la plateforme Kick en FranceQ.M.
Ce vendredi, le tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision très attendue dans l’affaire opposant l’État français à la plateforme de streaming Kick. Saisie par la ministre déléguée chargée du Numérique, l’instance examinait une demande de suspension de la plateforme sur le territoire français en raison de contenus gravement illicites diffusés sur une chaîne dédiée à « Jean Pormanove », qui est décédé en août après plusieurs mois à subir des maltraitances devant la caméra.
La justice a néanmoins rejeté cette demande, estimant que le blocage complet de Kick serait une mesure disproportionnée. Elle « porterait une atteinte injustifiée à la liberté d’expression et de communication, les contenus illicites représentant moins de 1 % du contenu total de la plateforme », justifie le tribunal dans un communiqué résumant sa décision. Les juges ont tout de même reconnu que les actes diffusés sur la chaîne « Jean Pormanove » constituaient des faits susceptibles de diverses qualifications pénales et contraires à la dignité humaine, générant un dommage grave à l’ordre public que le juge doit prévenir ou faire cesser.
« Jean Pormanove » mort en direct sur Kick
Au cœur du litige se trouvent les images de violences et d’humiliations diffusées pendant des mois sur la plateforme, et plus particulièrement lors d’un live en août au cours duquel Raphaël Graven, streamer français de 46 ans connu sous le pseudonyme « Jean Pormanove », est décédé alors que sa diffusion se poursuivait en direct.
Cette affaire avait déclenché une immense émotion en France, révélant un spectacle médiatique morbide où le streamer, régulièrement soumis à des actes humiliants et violents par d’autres participants du live, était exposé à un public souvent jeune et influençable. Ces contenus, monétisés au fil des dons des spectateurs, avaient fait l’objet d’enquêtes approfondies par la presse, notamment Mediapart, qui avait mis en lumière dès fin 2024 les abus subis et la permissivité de la plateforme.



















