Pédocriminalité : Vous êtes parents, alors évitez de poster des photos à la plage sur les réseaux sociaux
Vigilance•En pleines vacances d’été, les associations de protection de l’enfance alertent les parents sur les risques de publier des photos d’enfants en maillot de bain sur les réseaux sociaux20 Minutes avec AFP
Prudence si vous comptez poster les aventures de vos enfants à la plage cet été sur les réseaux sociaux. Les associations de protection de l’enfance multiplient les appels à la vigilance à destination des parents qui diffusent des photos de leurs enfants en maillot de bain, mettant en garde contre leur utilisation par les pédocriminels. « Chaque été, les réseaux sociaux se remplissent d’images d’enfants en maillot de bain, à la plage ou en train de jouer », souligne l’association de lutte contre les violences faites aux enfants Mouv’Enfants sur son compte Facebook. Or « les pédocriminels sont en ligne, ils scrutent, ils enregistrent, ils archivent. »
« Le premier risque, c’est l’utilisation de la photo elle-même à des fins sexuelles », explique Eglantine Cami chargée de sensibilisation et de plaidoyer à l’association Caméléon, qui lutte contre la pédocriminalité. « Par exemple, une photo d’une petite fille et d’un petit garçon à la plage va se retrouver sur un forum avec des prédateurs qui vont échanger et fantasmer dessus ». Mais la technologie permet d’autres dérives. « L’autre possibilité, c’est que ces contenus soient détournés, on le voit de plus en plus avec l’intelligence artificielle, reprend Eglantine Cami. On va prendre le visage d’un enfant, le mettre sur un corps nu ou alors on va demander à l’IA de le déshabiller. » En 2024, dans une campagne de communication, l’association alertait déjà sur ces risques.
La moitié des images échangées sur les forums pédocriminels proviennent des réseaux sociaux
« Il faut également bien avoir en tête que ce n’est pas qu’une image, ça donne plein d’informations sur les goûts, les habitudes et la localisation, alerte encore cette membre de l’association. Ça peut permettre à des prédateurs de choisir un enfant à partir d’une photo et de le traquer : 40 % des personnes ayant consulté des contenus pédocriminels ont par la suite cherché à contacter un enfant. » Les associations de protection de l’enfance recommandent aux parents de privilégier au maximum l’envoi de photos par messagerie privée, ou de restreindre la visibilité des photos à un cercle proche en passant leur compte sur les réseaux sociaux en privé. Elles suggèrent également de cacher le visage de l’enfant, en le photographiant de dos ou en ajoutant une émoticône sur son visage avant publication.
Selon l’Office des mineurs (Ofmin), service de police judiciaire dédié à la lutte contre les violences faites aux mineurs, 50 % des photos échangées sur les forums pédocriminels sont des images d’enfants qui ont été récupérées sur les réseaux sociaux. En France, 53 % des parents ont déjà partagé sur les réseaux sociaux du contenu sur leurs enfants, selon une étude de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open) publiée en 2023.


















