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Doc FX, Dr Jules Fougère… Ces urgentistes vulgarisent la médecine sur le Web

Doc FX, « Les minutes de Jérémy », Dr Jules Fougère… Ces urgentistes qui vulgarisent la médecine sur le Web

ALLO DOCTEURCes médecins distillent sur les réseaux sociaux conseils de santé ou de bon sens, comme éviter d’engorger leur service pour une simple fièvre
Hakima Bounemoura

H. B. avec AFP

Derrière les comptes Doc FX, « Les minutes de Jérémy », Dr Jules Fougère, des urgentistes de métier distillent sur les réseaux sociaux conseils de santé ou de bon sens, comme éviter d’engorger leur service pour une simple fièvre.

Tous trois ont animé en fin de semaine une conférence, à l’invitation de la Société française de médecine d’urgence (Sfmu), au congrès de la profession à Paris. Signe d’une reconnaissance de leurs pairs, qui n’a pas été toujours évidente.

Ne surtout pas les traiter d’influenceurs

« Au début, à l’hôpital, on te demande pourquoi tu fais le débile sur tes vidéos, puis un jour un collègue te demande ''mais pourquoi tu ne fais pas une vidéo sur l’agitation des patients !'' », raconte François-Xavier Moronval, médecin urgentiste à Epinal, suivi par plus de 45.000 abonnés sur sa chaîne YouTube, Doc FX. « Je tourne parfois mes vidéos en sortie de garde, car le manque de sommeil me désinhibe », explique-t-il, alternant ce genre de format sur une question de santé avec des modules plus longs qui s’apparentent à des mini-reportages.

Même chose pour le Dr Jules Fougère, pédiatre urgentiste au CHU de Rouen (Seine-Maritime), 282.000 abonnés sur Instagram, qui peut soit raconter sa garde d’un trait « en trente secondes » ou préparer pendant plusieurs heures une vidéo de quelques minutes sur les risques de la prise d’alcool pendant la grossesse.

Ne surtout pas les traiter d’influenceurs. « On ne vante pas du make-up (maquillage), on est dans la vulgarisation, la vérification de sources, nous sommes avant tout diplômés dans la santé », insiste Jérémy Guy, urgentiste au Smur 93 (Seine-Saint-Denis), suivi lui par plus de 95.000 abonnés sur sa chaîne YouTube, « Les minutes de Jérémy ».

En guerre contre les challenges dangereux

Au-delà de présenter des pathologies comme l’endométriose (qui touche les femmes et est mal détectée), ces urgentistes connectés montent parfois au créneau contre des modes malsaines. « Comme le ''paracétamol challenge'', sur TikTok, qui consiste à en ingurgiter le plus pour avoir l’hospitalisation la plus longue », se désole Jules Fougère, dont l’adresse Internet@Ped. urg lui vaut son surnom, prononcé « Pédurge ».

Leur vocation sur les réseaux est née du même constat d’un manque : « Sur les réseaux, tu pouvais réparer ta salle de bains avec un tutoriel mais pas ''réparer'' ton enfant », résume Jules Fougère, trentenaire, également chroniqueur dans l’émission « La maison des maternelles » sur France 2.

Tous luttent aussi contre les « fake news »

Tous luttent aussi à leur niveau contre les « fake news ». Jérémy Guy, sur les réseaux depuis six ans, s’est démené pendant la crise Covid pour démontrer comment « le Pr Raoult, scientifique renommé, avait plongé dans le complotisme et manipulé le grand public. Evidemment, on vous balance ''comment, tu n’as qu’un master 2 et tu oses contredire ce professeur ?'' et puis il y a les insultes… », rapporte ce trentenaire.

François-Xavier Moronval avoue avoir quitté à l’époque Twitter, devenu X, pour YouTube, « traumatisé par certaines menaces de mort ».

Autre revers de la médaille, le burn-out numérique a guetté Jérémy Guy. « Dans les premières années, je me mettais trop la pression sur mes posts, je regardais mes stats, s’ils étaient vus ou commentés, c’était toxique. Depuis, j’ai pris du recul ».