Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
C’est quoi le « brainrot », ce phénomène qui pourrit nos réseaux sociaux ?

Plongée dans le phénomène du « brainrot », ces vidéos absurdes et frénétiques qui envahissent nos réseaux sociaux 

ETONNANTVous êtes déjà tombé sur une vidéo TikTok absurde, ultrarapide, avec une voix robotique ? C’est du brainrot, un phénomène en pleine explosion sur les réseaux. Délire collectif ou nouveau langage visuel ? On a plongé dans cet univers étrange…
Brainrot : c'est qui ces personnages qui envahissent nos feeds ?
Chloé Bertrand

Chloé Bertrand

L'essentiel

  • Le terme « brainrot » a été élu mot de l’année 2024 par l’Université d’Oxford.
  • Ce phénomène désigne à la fois une sensation de trop-plein mental liée au scroll infini… et une esthétique visuelle codée, née sur les réseaux sociaux.
  • L’arrivée de l’IA a donné naissance à une version encore plus chaotique et automatisée du brainrot, qui envahit peu à peu nos feeds.

TikTok, YouTube Shorts, Reels… Vous êtes tranquillement en train de scroller, quand soudain, une vidéo vous happe. Une voix de synthèse étrange, des images qui clignotent dans tous les sens, un scénario inexistant. Vous ne comprenez rien ? C’est normal. C’est même le but. Bienvenue dans le monde du brainrot.

Une « pourriture du cerveau » devenue virale

À l’origine, le mot « brainrot » (littéralement « pourriture du cerveau ») désigne une forme de détérioration mentale liée à une consommation excessive de contenus jugés futiles. Un terme déjà utilisé en 1854 par l’écrivain américain Henry David Thoreau pour critiquer la paresse intellectuelle de son époque.

Élu mot de l’année 2024 par l’Université d’Oxford, le brainrot désigne aujourd’hui un genre visuel bien identifié sur les réseaux. Un style fait de montages ultrarapides, textes absurdes, voix robotiques et univers décalés, où plus rien ne semble avoir de sens, sauf pour ceux qui y sont plongés depuis un moment.

Un rêve bizarre, devenu esthétique

Décrire une vidéo brainrot, c’est un peu comme raconter un rêve fiévreux. C’est souvent moche, déroutant, mais addictif. Sur les réseaux sociaux, ces contenus pullulent : certains durent quelques secondes, d’autres s’étendent en sagas.

Par exemple, Skibidi Toilets, une série animée où des toilettes vivantes affrontent des humains à tête de haut-parleur. L’univers est incompréhensible, et pourtant, la chaîne YouTube du créateur cumule plus de 45 millions d’abonnés.

Avec l’intelligence artificielle, le phénomène s’emballe. Plus besoin d’être graphiste ou monteur : n’importe qui peut générer en masse des vidéos dans ce style. Ce sous-genre a un nom : le slop. Des vidéos à la chaîne, sans logique, parfois floues, souvent dérangeantes. Certains parlent même d’« encombrement numérique ».

Une forme d’art ? Ou juste du bruit ?

Alors, pourquoi on regarde ça ? Ces vidéos pourraient être vues comme un défouloir collectif, une manière de rire sans réfléchir. Ou au contraire, comme le symptôme d’une fatigue mentale généralisée.

Derrière leur esthétique étrange, ces contenus reposent sur une grammaire visuelle très codée. Une forme d’humour méta, absurde, qui fait sens uniquement pour ceux qui partagent les mêmes références.

Alors, le brainrot est-il en train de tuer notre attention ? Ou est-ce une nouvelle langue visuelle, propre à l’ère numérique ? Une chose est sûre : même quand on ne comprend rien, on reste scotché à l’écran. Et peut-être que, justement, le sens, c’est qu’il n’y en a pas.