JO de Paris 2024 : Face à l’engouement du Club France, les arnaqueurs s’en mettent plein les poches
arnaque d’or•Sur les réseaux sociaux, les arnaqueurs profitent de la popularité du Club France pour se faire un peu plus d’argent sur les Jeux olympiquesLina Fourneau
L'essentiel
- Sur Facebook et WhatsApp, des personnes vendent des billets du Club France pour les JO de Paris 2024 à des prix surévalués par rapport aux tarifs officiels, arnaquant ainsi les acheteurs qui ne reçoivent jamais les places après avoir payé.
- Certains faux vendeurs de billets pour les épreuves olympiques mettent la pression aux acheteurs pour les pousser à payer rapidement.
- Début août 2022, la Sous-direction des affaires économiques et financières (SDAEF) s’est saisie de six affaires d’escroquerie liées à la billetterie des JO.
Depuis le début des Jeux olympiques, le Club France fait carton plein. Chaque jour, le pavillon installé au cœur de la Villette accueille 40.000 visiteurs, 25.000 en simultanée. Un réel engouement qui se joue également sur la billetterie. Aucune place n’est désormais disponible jusqu’à la fin de semaine. Si sur place, il est toujours possible d’en acheter, certains se tournent sur les reventes en ligne où les arnaqueurs se sont confortablement installés.
Sur Facebook, le groupe « JO Paris 2024 : Echanges et vente de billets » est fortement ciblé. Parmi les arnaqueurs, un dénommé « Hugo LF » propose des places pour le Club France. Très vite, l’acheteur est redirigé vers WhatsApp. Mais là, le nom change et « Hugo LF » devient « Chloé Lepoul ». Premier détail inquiétant, auquel s’ajoute celui du prix. Les places sont à quinze euros, contre cinq euros sur la billetterie officielle. « C’est parce que je les revends », justifie-t-il. Ou elle, on ne sait plus.
Face à nos plaintes sur la marge à la revente, l’acheteur met très vite fin aux échanges. Mais des internautes expliquent ne pas avoir eu la même chance. « Discussion correcte, présentation des places en capture d’écran », se désole l’un d’eux qui n’a jamais obtenu ses places.
Des fausses catégories de billets
Pour justifier les prix mirobolants par rapport au prix initial, d’autres vendeurs prétextent passer par des billetteries en interne. « C’est parce que c’est une place coupe-file », soutient une des revendeuses qui n’oubliera pas de mettre un peu de pression sur l’acheteur. « Faut faire vite, il n’y a plus de place et beaucoup d’athlètes français viennent aujourd’hui », presse-t-elle par vocal ce lundi.
Ce n’est pas la seule. Parmi les vendeurs contactés, Alexandra semble pressée dans nos échanges. Une fois la capture d’écran de mails envoyée en guise de preuves d’achat, la fausse vendeuse ne laisse que quelques minutes de réflexion avant de nous appeler plusieurs fois. D’autres encore s’énervent quand on leur demande ces justificatifs d’achat. « Je ne comprends pas ce que vous avez tous à demander ça », se plaint l’une des acheteuses, refusant catégoriquement de montrer patte blanche.
Des reventes qui étonnent Nathalie Péchalat, la présidente du Club France. Certaines personnes comme les membres du Comité national olympique ou les fédérations olympiques ont certes des billets réservés, mais les places ne peuvent pas être revendues. « Ce sont des billets gratuits », souligne Nathalie Péchalat. L’augmentation des prix, elle, étonne la boss du pavillon français. « Oh », réagit-elle à notre annonce. « Ça veut dire que c’est du marché noir, ce n’est pas cool. Ce n’est pas la politique. On a fait un tarif le plus accessible exprès ».
Plusieurs affaires déjà annoncées
Comme pour les billets d’entrée pour le Club France, les reventes pour les épreuves sont également ciblées par les arnaqueurs. Pour beaucoup d’internautes, c’est la désillusion. « Beaucoup de faux profils ici. Certains s’expriment correctement mais quand tu demandes une capture d’écran, tu n’as plus de nouvelles. La carte d’identité, c’est pareil. Ça n’empêche que tu peux te faire avoir », fustige Noëlle. « Il n’y a quasiment que des arnaqueurs », renchérit Fabienne.
Début août, la Sous-direction des affaires économiques et financières (SDAEF) a annoncé se saisir de six affaires d’escroquerie liées à la billetterie des JO. Parmi les plaintes, un homme de 24 ans s’est fait avoir pour des places au château de Versailles. Comme beaucoup d’acheteurs escroqués, il a été « mis en confiance », explique la police. Mais après le virement de 160 euros par Paylib, l’homme n’a jamais reçu ses places.
Notre dossier JO 2024Pour rappel, les billets officiels pour les épreuves sont vendus par QR code dit « dynamique » qui apparaît entièrement que quelques heures avant le jour J. Le billet ne peut être transmis ni par mail, ni par papier et n’apparaît pas si on prend une capture d’écran.



















