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Peur et énervement chez les Parisiens après l’alerte de lundi

Jeux olympiques : « Cela m’a fait hyper peur », « C’est n’importe quoi »… A Paris, l’alerte inquiète et énerve

Vous témoignezCe lundi soir, une alerte « extrêmement grave » a été envoyée sur le téléphone des Parisiens qui ont pour la plupart eu peur et trouvent le geste disproportionné
Lina Fourneau

Lina Fourneau

Il est 20 heures passées ce lundi soir et dans Paris, de nombreux téléphones – même en silencieux – émettent en même temps un son strident, voire glaçant. A la radio, la journaliste Fabienne Sintes a été dérangée en plein direct sur France Inter. Même chose pour le ministre Gérald Darmanin à l’Assemblée Nationale. Ironie du sort, l’alerte « extrêmement grave » envoyée pour prévenir de l’ouverture d’une plateforme destinée aux Jeux olympiques émane – entre autres – de son ministère. Pourtant, ce dernier comme de nombreux Parisiens, a vécu une minute d’incertitude quant à ce qu’il se passait réellement au moment où les téléphones ont retenti.

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Julien, 27 ans, rentrait chez lui après une journée de travail lorsque son téléphone a sonné. Une fois en français, l’autre en anglais. « Cela m’a fait hyper peur et m’a inquiété ». Puis, le jeune Parisien a pris connaissance du contenu du message. « Extrême alerte. Message du ministère de l’Intérieur relatif au périmètre de sécurité de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques ». Pour Julien, le dispositif est « disproportionné », notamment les termes « extrêmement grave » pour qualifier l’alerte. « On parlait uniquement d’ouvrir une plateforme pour réaliser une demande de QR Code », soupire-t-il.

Sur les réseaux sociaux, la peur de Julien est partagée. « J’ai cru mourir de peur avec ce bip énorme », raconte un internaute. « En pleine révision avec le téléphone éteint, j’ai cru qu’il y avait une attaque à la bombe bordel », confirme un autre.

Une alerte « anormale »

Outre l’effet inattendu de l’alerte, c’est surtout la peur d’une attaque terroriste – constante à Paris depuis les derniers attentats – qu’ont ressentie les Parisiens. « J’ai eu une pensée pour toutes les victimes d’attentat qui ont reçu cette alerte, qui n’y étaient pas préparées et l’angoisse que ça a pu leur provoquer, surtout si elles étaient dans un lieu public ou dans un transport en commun », confie une internaute.

D’autres espèrent que ces alertes bruyantes ne seront jamais utilisées dans le cadre d’un vrai attentat. « Un dispositif d’alerte attentat qui fait sonner les téléphones aurait fortement compromis les chances de survie de dizaines de personnes le 13 novembre 2015 alors qu’elles se terraient le plus discrètement possible dans tous les recoins du Bataclan », dénonce sur son compte X Arthur Dénouveaux, le président de Life for Paris, l’association de victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Finalement, pour certains cette histoire d’alerte c’est un peu celle du berger qui crie aux loups. « C’est n’importe quoi. Le jour où une alerte vraiment grave arrivera, plus personne n’y fera attention. C’est de l’abus, on est sur des apprentis sorciers, comme d’habitude », gronde Louis, un trentenaire parisien. Même ressenti du côté de Lou, 35 ans. « Les alertes sont censées être émises en cas de danger grave, pas pour informer de l’ouverture d’une plateforme. Il est anormal que le même canal ait été utilisé. Si le gouvernement souhaite communiquer des informations pratiques, qu’un canal spécifique soit créé et que le son d’alerte soit différent. Comment voulez-vous que les citoyens prennent au sérieux les alertes de dangers graves lorsque cela se produira si ce système ? ».