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«.bzh», «.cat»: les régions tapent du point

«.bzh», «.cat»: les régions tapent du point

Une Catalogne indépendante. Sur le Web, c'est possible et c'est aujourd'hui. Bien avant le référendum de juin sur l'autonomie élargie, la région a obtenu en février le droit d'utiliser le suffixe « .cat » au lieu de « .es » (Espagne) pour des sites c...
©2006 20 minutes

©2006 20 minutes

Une Catalogne indépendante. Sur le Web, c'est possible et c'est aujourd'hui. Bien avant le référendum de juin sur l'autonomie élargie, la région a obtenu en février le droit d'utiliser le suffixe «.cat» au lieu de «.es» (Espagne) pour des sites catalanistes. Un exemple unique dans l'histoire de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names et Numbers), qui gère et agrée les extensions de noms de domaine.

Unique, pour l'instant. Car dans les régions à forte identité, certains aimeraient bien mettre un point dans leur Web : « .gal » pour la Galice, « .sco » pour l'Ecosse... En Bretagne, le « .bzh » est réclamé par une pétition en ligne qui, parmi ses dix mille et quelques signataires, expose les noms du musicien Dan Ar Braz et de Michel-Edouard Leclerc. Mikael Bodloré, qui a lancé le site, confirme : « Quand “.cat” a été lancé, j'y ai vu une opportunité. L'idée est de mettre en avant la culture bretonne. Et j'ai été contacté par des Corses et des Alsaciens, également intéressés. » Christian Ménard, député UMP du Finistère, a lui fondé l'association Un Point BZH pour la Bretagne, et soumis au conseil régional une motion – adoptée – pour la création et le financement d'une fondation dédiée. « Les macarons “BZH” sur les voitures ont fait beaucoup de bien à l'identité bretonne. Nous voulons la même chose sur le Web, pour mettre en valeur la région, notamment ses atouts économiques. C'est un plus », affirme Christian Ménard. Reste que l'Icann tient à éviter le mélange des points. Ainsi, les extensions régionales doivent s'afficher en trois lettres, afin de les distinguer des nationales en deux lettres. Et si le « .cat » a été adopté, c'est grâce à l'accord du gouvernement espagnol et au soutien d'Amadeu Abril i Abril, catalaniste... et ex-membre du bureau dirigeant de l'Icann.

Anne Kerloc'h

Le simple fait de déposer un dossier auprès de l'Icann coûte environ 50 000 euros . Mais il faut également engager une étude de faisabilité, avec avis d'experts. L'addition revient à environ 150 000 euros . Les nouveaux noms ne peuvent être présentés que lors de « rounds », périodes bien déterminées pendant lesquelles l'Icann étudie l'ensemble des propositions. Des villes comme Berlin et New York seraient également intéressées par des extensions spécifiques.