Safia D'ziri: "L'audience était 80 fois supérieure à ce que nous estimions"

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Trois questions à… Safia D’ziri, directrice des systèmes d’informations à l’Institut National de l’Audiovisuel (Ina)

Comme l’IGN, le site de l’INA a connu une affluence inattendue. Comment avez vous pu remédier à la saturation ?
 
L’audience était effectivement 80 fois supérieure à ce que nous estimions. En quelques heures, nous avons pu mettre en place un plan d’urgence. Les mesures ont consisté à multiplier par deux le nombre de serveurs frontaux –les « serveurs d’accueil » des internautes- à faire héberger des pages en cache, et à augmenter la bande passante. D’abord en multipliant sa capacité par trois au bout de quelques jours, puis par dix, pour arriver à un gigabit par seconde.

L’IGN vous a consulté. Que leur avez-vous recommandé ?

Une première difficulté tenait au fait qu’ils aient un prestataire extérieur. Nous, nous avions l’équipe sur place. Notre marge de manœuvre était plus grande que si nous étions dans une relation commerciale avec un sous-traitant. Ensuite, contrairement à nos vidéos, qui sont « prêtes à servir », leurs pages sont calculées. Au-delà de la bande passante, il faut donc des capacités de calcul et surtout, que l’architecture soit prévue pour accueillir ses capacités de calcul. Ce n’est pas simple.
Sinon, nous leur avons conseillé de mettre des pages en cache et de se trouver un hébergeur pour augmenter la bande passante

Cela fait plusieurs fois que des sites publics sont saturés dès leur lancement. Comment expliquer cette situation récurrente ?

Je crois que nous arrivons à une convergence entre un public qui est prêt pour certains services en ligne et une administration qui se met à offrir ses services. Mais de la part du service public, il y a encore un peu trop de modestie. On ne s’attend pas forcément à autant de succès. A l’Ina, nous avions certes prévu une montée en puissance du site… mais les résultats du premier jour, nous pensions que nous les aurions seulement au bout de 6 mois !

Propos recueillis par Anne Kerloc’h