Bertrand Lévy: "Je suis vraiment navré que le site ait été si difficilement accessible pendant une semaine"

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"Ce plébiscite, déclare Bertrand Lévy, directeur général de l'IGN à l'origine de Géoportail, est un élément très positif pour l'exercice de la citoyenneté, il y a là une façon d'accéder à l'information publique, une envie de découvrir son pays, son environnement et son territoire".
"Ce plébiscite, déclare Bertrand Lévy, directeur général de l'IGN à l'origine de Géoportail, est un élément très positif pour l'exercice de la citoyenneté, il y a là une façon d'accéder à l'information publique, une envie de découvrir son pays, son environnement et son territoire". — Jacques Demarthon AFP/Archives
Trois questions à Bertrand Lévy, directeur général de l’IGN

Est-ce que la demande des internautes baisse, après la ruée de la semaine dernière ?


Non, contrairement à ce qui s’était passé pour le site de l’INA, on ne peut pas dire que la demande a baissé significativement. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir ou le déplorer, dans la mesure où nous avons mis du temps à pouvoir satisfaire l’attente, qui est toujours d’environ 150 000 demandes de connexions par heure, avec des pointes le week-end. Hélas, même si nous avions prévu un phénomène de saturation, seule l’exploitation réelle qui permet de déterminer précisément comment un système poussé à ses limites va se comporter. Entre les nombreux mails et les coups de fil, nous avons bien entendu les frustrations des internautes. Je ne peux que leur dire ceci : le Géoportail est désormais accessible, et il est là pour durer ! Nous n’en sommes qu’au début, il va continuer de s’enrichir, d’évoluer et de proposer plus de données.

Le Géoportail ne fait-il pas les frais d’un lancement un peu trop tonitruant ?

C’est un peu compliqué, je n’ai pas de réponse nette à cette question. L’Ina avait été plus discret pour son lancement et s’est retrouvé dans une situation similaire. Même si nous n’avions pas fait de conférence de presse, cela aurait fini par se savoir : sur Internet, les informations vont très vite. Et, on nous aurait sans doute difficilement pardonné de ne pas rendre l’information publique. Peut-être qu’après des débuts plus raisonnables, la pointe de fréquentation aurait été un peu décalée, mais qu’elle se serait produite malgré tout.. Je suis vraiment navré que le site ait été si difficilement accessible pendant une semaine.

L’INA a pu résoudre rapidement son problème de saturation. Pourquoi avez-vous mis aussi longtemps ?

Parce que ce n’était pas une simple histoire de bande passante. La plupart des sites mettent en ligne des fichiers. Il peuvent être lourds mais ce sont des données stables, statiques. Pour le Géoportail, Les photos se calculent à chaque demande, et le fonctionnement du site nécessite donc des capacités de calcul. Pour résoudre ce problème, on ne peut pas se contenter de louer des serveurs pour avoir juste plus de débit. Ce ne peut être une solution provisoire, elle demande des moyens humains, et un véritable développement.
Or, on ne peut pas concevoir toute l’infrastructure d’un site pour une pointe d’une semaine. Le contribuable nous le reprocherait… Pour accroître les capacités de calcul, nous avons donc anticipé sur le développement du site et sur ce qui était nécessaire pour la mise en place de la 3D, prévue pour l’automne. On anticipe juste les investissement. Le coût total du Géoportail a été budgété entre 5 et 7 millions d’euros. Pour le moment, nous en sommes à 1 million d’euros pour la première étape.

Recueilli par Anne Kerloc’h