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Test : Diablo 3, le mal du siècle

Test : Diablo 3, le mal du siècle

C’est à l’occasion d’une soirée de lancement sur les champs que Gizmodo était convié par Blizzard à passer aller chasser les démons de l’enfer sur le dernier titre du studio américain : Diablo 3. Annoncé en juin 2008 à la Worl...
Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr

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C’est à l’occasion d’une soirée de lancement sur les champs que Gizmodo était convié par Blizzard à passer aller chasser les démons de l’enfer sur le dernier titre du studio américain : Diablo 3. Annoncé en juin 2008 à la Worldwide Invitational Blizzard à Paris, il aura fallu presque 4 ans de gestation pour que le jeu arrive sur les étals, 12 après son petit frère Diablo 2.

Si le genre Hack’N'Slash a connu de sympathiques itérations depuis, aucun titre n’a eu le succès de Diablo 2 en son temps (RIP Hellgate London, tu m’étais pourtant sympathique.). Autant dire que le dernier rejeton infernal de Blizzard est attendu au tournant, d’abord par les fans de la licence, obsédé à l'idée de looter du légendaire, mais aussi par la nouvelle génération, curieuse de découvrir ce titre qui a entraîné un véritable génocide de boutons gauche sur les souris du PC Dell tout neuf de papa en son temps. Il est donc plus que temps après une semaine passée à arpenter Sanctuaire de vous livrer quelques impressions sur Diablo 3, qui s’avère être un pur produit Blizzard. "Mais c'est quoi un pur produit Blizzard ?" Explications.

NDLR : Le test est présenté sur plusieurs pages accessibles à la fin de chacune d’entre elles.

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La puissance

Le Diablo menthe ou diablo Grenadine ?

Si vous n'avez jamais touché à un Hack'n'Slash, pas de panique, le principe est simple. Vous dirigez un avatar qui va devoir passer sur le corps de hordes de monstres dans des donjons, récupérer de l'équipement plus puissant et monter en level afin de combattre des ennemis de plus en plus fort dans des nouveaux donjons de plus en plus compliqués et on répète jusqu'à plus soif. Diablo 3 poursuit donc la tradition de ses 2 grands frères : On choisit un héros parmi plusieurs, et on se lance dans une aventure au bout de laquelle on finira par botter le derche du grand méchant. Pour le 3ème épisode, on a le choix entre 5 classes différentes, qui reprennent les poncifs du genre en se permettant quelques mélanges assez sympa, le chasseur de démon par exemple combine quelques pièges d'assassin avec l'utilisation d'arme de jets comme l'amazone. Cerise sur le gâteau : En plus de choisir le sexe de votre aventurier, quelques petites gâteries visuelles modifient le look de votre personnage au fur et à mesure de l'aventure avec des armures de plus en plus ouvragées et massives. Chose assez curieuse, cette étape de création du personnage est tout à fait représentative du titre : on est en terrain connu, mais c'est le soucis du détail qui fait clairement la différence

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Prévoyez de l'or pour réparer votre équipement en mode enfer

Black & Deckard

20 ans sont passés depuis que les pierres esprit de Mephisto, Baal et Diablo ont été brisées. Mais par une étonnante facilité de scénario, il fallait bien relancer la machine : la cathédrale de Tristam est frappée par la chute d'une étoile et les morts se réveillent. Deckard Cain, accompagné de sa nièce Leah, continue inlassablement ses recherches sur la fin du monde et sera de nouveau votre guide au début de l'aventure. Vous arrivez sur place, attiré par la météorite. Si le scénario du jeu n'est clairement pas indispensable, on note un gros travail de la part de Blizzard pour étoffer l'histoire avec un contenu quasi permanent tout au long de l'aventure, de nombreux documents à récupérer un peu partout vous permettront d'en apprendre sur les prémices de la saga, sur l'enfer, le paradis, les démons et les anges, en plus de vous offrir un bonus d'expérience.

Les fans de la licence trouveront un certain plaisir à écouter Deckard Cain parler de la mythologie du Sanctuaire surtout que les références aux 2 précédents épisodes sont nombreuses et les néophytes pourront étoffer un peu le background du jeu si ils ont raté les 2 premiers épisodes. Comptez 10 à 15 heures pour terminer le jeu une première fois pour un joueur normal qui ne pratique pas le rush à outrance mais connait déjà les bases du genre, le tout réparti en 4 actes. Si les environnement sont variés, on est en revanche déçu de certaines similitudes avec Diablo 2. L'acte 1 à Tristram a beau être un classique, il n'en demeure pas moins redondant, pareil pour l'acte 2 et son désert, la sensation de déjà vu est toujours là, mais vu qu'il n'y a aucune véritable repompe et que malgré tout chaque acte propose une tripotée d'environnements différents, on a tôt fait d'arrêter de râler pour se laisser porter par le rythme du jeu.

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Tirer dans le tas, c'est jouissif


Le changement c’est maintenant

Si le gameplay du jeu reprend la mécanique de base de la série, pas mal de choses ont cependant changé afin de permettre une plus grande ouverture du titre. Vous vous sentirez sur des rails pendant un bon bout de temps avec le nouveau système de niveau et de compétences dans ce Diablo 3 et les vieux réacs de la série hurleront de frustration devant les choix imposés. Tout d'abord, fini la répartition des points de compétence à chaque niveau. Mais ce n'est pas tout, les fameux arbres de compétence ont également disparu pour laisser la place à un système beaucoup plus dirigiste en apparence, mais qui s’avèrera bien plus ouvert et versatile à long terme. Chaque niveau sera l'occasion de débloquer des compétences selon une feuille de route pré-établie. Hé oui, impossible de choisir soi-même les compétences que l'on veut débloquer, c'est imposé de bout en bout. A ces compétence s'adjoindront des runes, qui ne sont plus des petites pierres à sertir dans vos équipement, mais des variantes qui permettront de modifier un peu vos compétences, par exemple, une compétence pourra se voir ajoutée des bonus de dommage, un élément glace ou encore voir son coût diminué par la rune. Le choix sera d'ailleurs difficile, car vous ne pouvez attribuer qu'une rune à la fois. Il faudra donc atteindre le niveau 60 pour débloquer toutes les compétences ainsi que toutes les runes associées à ces dernières. Il en résultera une progression rythmée par le déblocage de nouvelles compétences et runes qu'on ne tardera pas d'essayer afin d'optimiser son personnage.

Car c'est la tout l'interêt de ce nouveau système : Une fois à haut niveau il est tout à fait possible de switcher de compétence et de runes à tout moment, moyennant un petit temps de chargement si vous le faite sur le champs de bataille, fini la montée longue et douloureuse de plusieurs personnages comme dans Diablo 2, un petit tour dans le menu des compétences, et hop, on modifie tout ça. Bien évidemment, certains niveaux ne débloqueront rien de bien folichon, mais c'est un petit mal pour un grand bien face à la diversité bienveillante du nouveau système de compétences. Sachez d'ailleurs que la limite de niveau est actuellement fixée à 60, et qu'il faut compter seulement deux semaines de jeu pour y arriver en prenant son temps, ou une semaine si l'on a décidé de se mettre au chômage et de délaisser sa femme. C'est court, très court, ce qui relativise donc la frustration de devoir débloquer ses compétences dans un ordre prédéfini.

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Les environnement mettent une claque

Nafissatou Diablo

Autre grande nouveauté, il est possible d'attribuer n'importe quel compétence sur n'importe quel raccourcis. On en compte 6: les chiffres 1 à 4 ainsi que clic droit et clic gauche. Attention, il faudra passer par les options pour activer l'attribution de n'importe quelle skill à n'importe quel raccourci, étrange ... Mais du coup, Les combinaisons sont multiples et on passe des heures à se faire la config la plus confortable possible, après avoir passé des heures à tripoter runes et compétences pour obtenir un super build de la mort qui tue. Difficile de ne pas être séduit par tant de possibilités. Les potions font également leur retour, mais uniquement pour la vie, et elles ont désormais un cooldown, fini les ceintures bardées de soins pour survivre comme un no brain en bourrant les raccourcis. Il va falloir se la jouer beaucoup plus fine qu'avant. Heureusement, les ennemis laissent parfois des orbes de vie qui vont permettre de faire remonter sa santé. Pas mal d'éléments clés du jeu ont également été revus : le town portal est désormais accessible sans sort ni parchemin, simplement en pressant T et l'identification des items est réalisable sur un simple clic droit et un petit délai, un vent de fraîcheur qui aide a fluidifier l'expérience de jeu, on apprécie.

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Il faudra se coltiner tous les sbires du rouge


C’est en forgeant …

Le système de crafting a également été revu grâce à 2 PNJ, un forgeron et un joaillier, qui vous assisteront durant l'aventure. Fini le cube Horadrim, il faudra faire faire monter en level les deux artisans contre des pièces d'or (en masse) et des items spécifiques afin qu'ils puissent vous proposer de plus en plus de possibilités. Plus le joaillier sera expérimenté, plus il pourra vous crafter des gemmes de qualités (qui ont désormais 14 niveaux, de quoi voir venir). Le forgeron pourra également créer des objets de plus en plus puissant, mais il faudra pour cela "recycler" les items magiques que l'on a ramassé afin d'en tirer des composant de crafting. Le résultat, c'est que l'argent dans le jeu est tellement nécessaire à votre progression avec ces deux NPC qu'il a désormais une vraie valeur, d'autant plus que les précieuses pièces d'or ne court pas les donjons outre mesure, il va donc falloir farmer sec pour acheter fabriquer ou acheter son équipement, faire progresser les artisans et réparer son matériel.

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Attention au vapeurs toxiques

Enfer et Vanessa Paradis

Côté combats, il faut une fois de plus saluer le travail du maître sur plusieurs points. On reste dans l'excellence Blizzard avec un bestiaire varié et des comportements agressifs qui pourront très vite vous pourrir la vie si vous ne faites pas attention. On pourra cependant reprocher au jeu une facilité déroutante dans un premier temps, car il faudra bien attendre la deuxième moitié du jeu en Nightmare pour commencer à voir un peu de challenge, et encore. Blizzard a tenté de rendre les combats contre les boss de fin d'acte plus épiques et la mise en scène de ces derniers ainsi que les affrontements sont très réussis, mais on constatera dans les niveaux de difficulté élevés qu'ils restent vraiment à la ramasse face aux champions et aux légendes qui arpentent les maps du jeu. En effet, ces ennemis dispose de capacités spécifiques et deviennent très vite de véritables plaies à partir du mode Enfer, il faudra souvent lutter âprement pour en venir à bout, bien plus que certains bosses, ce qui amène quelques questions sur l'équilibrage du jeu. Rien d'insurmontable, mais le titre nous met un grand coup dans la tronche pour nous forcer à jouer en coopératif et à mettre l'accent sur la synergie entre classes, optimiser son build et travailler son esprit d'équipe. La mort n'est en apparence pas si grave, mais pourtant à long terme cela peut poser problème : Vu que vous perdez 10% de durabilité sur votre équipement, vous aurez tôt fait d'engloutir le PIB d'un petit pays à réparer votre stuff, ce qui sera perdu pour le craft ou l'auction house. Dans un jeu ou l'argent a autant d'importance, c'est un paramètre à prendre en compte.

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Une histoire pleine de méchants très méchants


Leah Passion Enfer

La plastique du titre, enfin, achève de confirmer ce sentiment que les devs de Blizzard sont parfaitement à l'aise avec leur sujet et le maîtrisent sur le bout des doigts. La direction artistique du titre met une claque dans la tronche tout au long du jeu. Les décors sont variés, beaux et fourmillent de détails. La physique et le ragdoll ne souffrent aucun défaut, les effets de lumière et autres flammes, explosions ou vapeurs de poison sont chatoyants et animés d'une main de maître. Le character design est comme d'habitude une véritable réussite avec un bestiaire varié et des personnages qui ont de la gueule. Et pourtant, on ne peut pas dire que Diablo 3 soit une prouesse technique avec du polygone à ne plus savoir qu'en faire, mais c'est bien ça la grande force des jeux Blizzard, qui permet au plus grand nombre de profiter du titre sur un large panel de machine. Les plus courageux pourront envisager de jouer sur leur laptop avec un Chipset intel HD3000 par exemple, mais le jeu tournera très bien sur une config d'il y a 4 – 5 ans, à base de Core 2 duo E6400 accompagné d'une Radeon 4850. Malgré sa simplicité graphique apparente, le jeu rayonne et nous en met plein la vue quand il faut, où il faut. Petit bémol sur les musiques, qui sont trop discrètes et passe partout, très étonnant de la part des compositeurs de Blizzard, mais aucun mélodie ne reste dans la tête, sauf le sempiternel thème de Tristram, intemporel.

Les doublages VO sont toujours aussi bons, mais la VF en revanche, sans être mauvaise, n'est clairement pas à la hauteur de ce genre de production, et c'est fort dommage. On terminera sur les cinématiques, qui sont une véritable tuerie à couper le souffle, aussi bien par leur mise en scène que leur réalisation complètement folle, du grand art qui sera une véritable récompense pour le joueur qui termine le jeu pour la première fois.

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A vous les vastes étendues en solitaire ou à quatre

Et alors, j'achète ?

Au final, Diablo 3 est donc un pur jeu Blizzard, parce qu'il est totalement dans la tendance de l'éditeur. Loin d'être une révolution, le soft se propose de gommer à droite à gauche quelques aspects polémiques de son grand frère Diablo 2, tout en innovant un peu mais pas trop afin de donner ce petit goût de la nouveauté nécessaire pour convaincre le chaland. Il en résulte comme d'habitude chez l'éditeur de World of Warcraft un titre dont le degré de finition est admirable, que ce soit pour son gameplay, son level design ou sa plastique, rien ne semble laissé au hasard et on sent clairement les heures de boulot derrière, le "When it's done." dans toute sa splendeur. En revanche, rien ne vient révolutionner le genre même si le jeu remplit tout à fait son contrat. Le plaisir est bien présent et on est complètement à fond dans l'aventure, prêt à en découdre pour quelques centaines d'heures. Cependant, quelques grains de sables viennent un peu perturber la mécanique bien huilé : un scénario un peu trop bancal avec un twist un peu tiré par les cheveux, cette nécessité d'avoir une connexion à Internet pour pouvoir jouer, l'accessibilité du système de skill qui rend forcément l'expérience moins hardcore, l'auction house qui vient tendre la main aux fainéants du loot ou encore l'absence de mode PVP dès la sortie et ce coopératif à 4 joueurs seulement. On ne peut s'empêcher de grimacer un peu devant le constat, mais on connaît la propension de Blizzard à assurer un suivi sans failles sur ses titres, le jeu est promis à un bel avenir de ce côté la. Et puis on ne va pas tourner autour du pot : on a entre les mains un digne successeur qui vient reprendre le flambeau de la saga et confirmer que la référence du Hack'n'Slash, c'est bel et bien Diablo.

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Cet article est réalisé par Gizmodo et hébergé par 20 Minutes.