Cybersécurité: Mozilla prend position contre le projet de loi Internet CISPA

ETATS-UNIS Après Sopa et Pipa, le Cyber Intelligence Sharing and Protection Act mobilise contre lui...

P.B.

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Les multiples écrans d'ordinateur du centre pour le partenariat international multilatéral contre les cyber-menaces (IMPACT), situé en Indonésie.
Les multiples écrans d'ordinateur du centre pour le partenariat international multilatéral contre les cyber-menaces (IMPACT), situé en Indonésie. — M.BAZUKI/REUTERS

Le cadavre de la loi antipiratage Sopa est à peine froid qu'un nouveau texte inquiète le Web américain. Son nom: CISPA, pour Cyber Intelligence Sharing and Protection Act. Voté par la Chambre jeudi dernier, il doit encore passer par le Sénat et fait face à un véto probable de Barack Obama. Ce qui n'a pas empêché Mozilla de monter au créneau, mardi

Sopa avait mobilisé les acteurs de l'Internet contre lui. Mais Mozilla est la première voix d'importance à dénoncer «les définitions trop vagues de cybersécurité et une immunité trop importante pour le gouvernement ou les entreprises sur les mauvaises utilisations» des informations personnelles des internautes.

 

Big Brother

Officiellement, CISPA veut rendre l'Internet «plus sûr». Mais des amendements de dernière minute divisent les experts. Certains estiment qu'ils donnent des pouvoirs trop importants au gouvernement pour espionner les internautes sous un prétexte mal défini de «sécurité nationale».

 

Facebook, Microsoft, IBM, Intel, Oracle, Symantec... Tous ces acteurs ont initialement apporté leur soutien au texte. Ils estiment qu'il crée un cadre juridique simple pour le partage d'informations avec le gouvernement. Mais lundi, Microsoft a fait par de son souci de respecter sa charte sur la vie privée de ses utilisateurs. Facebook a également exprimé son inquiétude, sans retirer son soutien.

 

Google, lui, n'a pas encore décidé. «Nous observons le processus de près mais n'avons pas encore pris de position formelle», a déclaré l'entreprise à Forbes. L'Union américaine pour les libertés civiles, elle, compare CISPA à Big Brother, concluant: «Garantir une cybersécurité ne signifie pas qu'il faille renoncer à sa vie privée en ligne.»