En route vers la cyber-correction ?
La correction en ligne vient d'être officiellement testée pour la première fois en France©2006 20 minutes
Le bac corrigé en ligne, ou comment en finir avec les lourds et encombrants paquets de copies à rapporter à la maison, et éliminer du même coup le risque de les égarer en chemin. Le professeur du futur sera résolument connecté, et cyber-corrigera sur son ordinateur. De la science-fiction ? Plus vraiment, et le bac 2006 pourrait même être la dernière session 100% manuscrite.
Fervent promoteur de la correction en ligne, Eric Verhaeghe, directeur de la Maison des examens (MDE) d'Arcueil, a récemment organisé la première expérience officielle de cyber-correction de l'Hexagone. Une vingtaine de professeurs ont ainsi servi de cobayes en testant « pour de vrai » le logiciel de correction en ligne e-marker. Objectif : « simplifier les conditions de travail des profs ». Une initiative à laquelle les syndicats de professeurs déplorent pourtant de ne pas avoir été associés.
Plus de 1 200 copies d'allemand ainsi dématérialisées ont été corrigées sur ordinateur alors que les élèves avaient composé sur papier. « Cet essai s'est avéré très concluant », se réjouit Eric Verhaeghe. Après évaluation du Comité national de pilotage des examens, e-marker devrait être utilisé, avec parcimonie, dès la session 2007 du bac technologique. A l'image de ce qui se fait en Grande-Bretagne depuis déjà plusieurs années. « Là-bas, ça n'étonne plus personne, c'est totalement rentré dans les habitudes », raconte Mathieu Henrion, de retour en France après cinq ans d'études outre-Manche.
Globalement convaincus, certains professeurs ont toutefois regretté que les copies ne soient consultables qu'une seule fois. « C'est particulièrement embêtant pour les matières littéraires où il est utile de comparer les réponses », s'inquiète un professeur d'histoire-géographie du lycée Molière à Paris. « Tout cela est paramétrable et donc améliorable », répond Eric Verhaeghe. Un espace de discussion devrait par ailleurs permettre « d'étalonner les appréciations par rapport à celles des collègues ». Autre problème soulevé par certains profs : l'allongement du temps de correction, difficile à chiffrer mais inévitable selon eux. Au ministère de l'Education nationale, on déclare suivre le dossier de près, mais sans se montrer très loquace. « Nous allons progressivement multiplier les expérimentations en conditions réelles », indique-t-on simplement au cabinet du ministre.
Jonathan Bouchet-Petersen



















