Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
«Kinect Héros»: Les Français d'Asobo dans l'aventure avec Pixar

«Kinect Héros»: Les Français d'Asobo dans l'aventure avec Pixar

JEU VIDEOLe studio bordelais a conçu «Kinect Héros», qui repose sur cinq films d'animation...
Joël Métreau

Joël Métreau

Ils connaissent leur Pixar sur le bout des doigts. Les 110 employés d'Asobo qui ont créé le jeu vidéo «Kinect Héros»*, édité par Microsoft et destiné aux enfants, ont travaillé avec le studio américain. La collaboration du studio bordelais avec le géant de l'animation remonte à 2005, lorsqu'Asabo a fait de Ratatouille un jeu vidéo. S'en est suivi un «WALL-E», un « Là-haut », un « Toy Story 3 »… «La connaissance de leur univers nous a beaucoup aidés pour “Kinect Héros”», assure David Dedeine, cofondateur du studio.

Quelques allers à San Francisco chez Pixar, et des retours d'animateurs de Pixar à Bordeaux (Gironde) afin de prodiguer des conseils. «Dans le jeu, qui reproduit un environnement Ouest américain présent dans la licence Cars, on avait modifié la position des bâtiments, explique David Dedeine. Mais Jay Ward, directeur artistique de Cars, nous a demandé de réagencer afin de rester fidèle à une série animée, tirée du film.» Pas facile d'être créatif dans un champ de contraintes.

Pas de bras devant les visages

Mais entre un studio de jeu vidéo et un studio de films d'animation, pas vraiment besoin de traducteur: «Les studios Pixar sont aussi dans un processus de production, on parle le même langage, note Brice Davin, producteur. Ils peuvent comprendre que pour des raisons de jouabilité, on peut être amené à modifier la couleur d'un objet.»

En travaillant sur ces franchises célèbres, Asobo a pris les mesures de Pixar: «C'est transparent dans le film, mais les deux héros de Là-haut ont la tête qui fait le tiers du corps!», s'étonne le développeur Olivier Ponsonnet. Et le studio a découvert les petits secrets de fabrication: «Dans une animation, on avait été amené à faire passer le bras d'un personnage devant sa tête, se rappelle Julien Guérin, créateur chez Asobo, mais Pixar tient à ce que les visages restent toujours visibles.» Des consignes qui figurent dans les chartes d'animation, personnage par personnage, transmises par Pixar à Asobo. Le souci du détail se loge jusque dans l'emplacement des oreilles de Ratatouille.

Pour les histoires originales dans «Kinect Héros», qui ne correspondent pas au scénario des films, «il faut raconter l'essentiel en moins de temps possible. Ça tient à cœur à Pixar», note Julien Guérin. «Les jeux à licence sont parfois mal vus, regrette David Dedeine. Mais si en tant que game designer, j'avais présenté un projet de jeu coopératif avec un enfant et un vieillard, on m'aurait envoyé paître.» Alors que maintenant Pixar sur le CV, ça le fait.

* Sortie le 23 mars sur Xbox 360

Un «Game of thrones» à Nanterre
Autre studio français à travailler sur une franchise: Cyanide. Situé à Nanterre (Hauts-de-Seine), il termine le jeu «Games of Thrones» (sur Xbox 360, PC et PS3), qui doit sortir à la mi-mai. Cyanide avait acquis en 2009, auprès de l'auteur George R.R. Martin, les droits d'adaptation de la saga d'heroic fantasy (Le Trône de fer en français). Parallèlement, la chaîne américaine HBO se lançait dans la production de la série. «En 2011, nous les avons rencontrés pour voir quels éléments de la série on pouvait incorporer dans le jeu», se souvient Patrick Pligersdorffer, PDG de Cyanide. Le studio a pu utiliser les images modélisées de trois acteurs, mais aussi celles du trône de la série télé.