Facebook bientôt en Bourse: Mark Zuckerberg ou la «voie du hacker»

HIGH-TECH La lettre adressée aux investisseurs potentiels livre de nombreux enseignements sur la philosophie du jeune milliardaire...

P.B.

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Mark Zuckerberg le 6 juillet 2011
Mark Zuckerberg le 6 juillet 2011 — Paul Sakuma/AP/SIPA

Mercredi, Facebook a officialisé ses fiançailles avec le marché. Si les chiffres sont vertigineux, la lettre adressée aux futurs investisseurs offre une vision détaillée du présent et de l'avenir selon Mark Zuckerberg. Morceaux choisis.

La voie du hacker

«Nous avons cultivé une culture que nous appelons la voie du hacker», explique Zuckerberg. Selon lui, le terme a acquis «une connotation négative». Mais s'introduire dans la base de données étudiante d'Harvard, c'est du passé. Chez Facebook, il s'agit de «construire quelque chose rapidement et d'explorer toutes les possibilités». Le slogan de l'entreprise, c'est «done is better than perfect» («fait est mieux que parfait», avec l'idée que «le mieux est l'ennemi du bien»). En clair, à l'inverse d'Apple où chaque détail doit être peaufiné jusqu'à la perfection, Mark Zuckerberg croit à une sélection naturelle des idées, quitte «à faire des erreurs», comme avec ces produits lancés sans avoir totalement mesuré les impacts négatifs sur la vie privée. Avec une autre citation piquée dans le guide du parfait manager, il explique que «le plus grand risque est de ne pas prendre de risques».

 

Les mains dans le cambouis

«Tous les ingénieurs que nous recrutons, même les manageurs dont le rôle ne sera pas d'écrire des programmes, doivent passer par notre bootcamp (camp d'entraînement) où ils se familiarisent avec nos outils, notre code et notre approche», écrit Zuckerberg. Même si Facebook grandit (3.000 employés aujourd'hui), son PDG veut conserver «un esprit startup», notamment avec la tenue d'un «hackathon» plusieurs fois par an. Tous les employés se retrouvent pour coder leurs idées, et les meilleures sont développées en projet (comme le chat ou encore Timeline).

 

Facebook, ciment social du Web

Le mantra de Mark Zuckerberg: «Nous ne bâtissons pas des services pour gagner de l'argent; nous gagnons de l'argent pour bâtir de meilleurs services.» Hypocrite? Pas forcément. Dans le modèle de Facebook, les utilisateurs sont clairement le produit, avec un torrent d'informations devenu une manne publicitaire. Mais depuis 2004, Mark Zuckerberg, l'antithèse du patron bling bling, est resté cohérent sur sa vision de «connecter le monde». Dans la lettre, il explique vouloir créer un lien entre «les individus, les entreprises, les produits, les services» ou encore entre «les citoyens et leurs démocratie». Pour lui, un monde plus connecté par les réseaux sociaux est un monde «plus ouvert», que ce soit pour découvrir de la musique ou donner une voix aux manifestants du Printemps arabe.

 

L'avenir

Mark Zuckerberg ne livre aucune précision sur les futurs projets de Facebook. Il ambitionne cependant de «bouleverser la manière dont les gens consomment et partagent de l'information», notamment via les app (journaux, musique, recettes) récemment lancées. Et vu son insistance sur l'importance de l'Internet mobile, il ne serait pas surprenant de voir Facebook sortir un OS «social» pour smartphone, qui pourrait être, selon des bruits récurrents, adapté d'Android, comme Amazon l'a fait sur son Kindle Fire.

 

Croyez-vous dans ce «crédo» de Mark Zuckerberg? Facebook améliore-t-il votre expérience en ligne ou la parasite?