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Carrier IQ transmet-il les données personnelles au FBI?
HIGH TECH•Les interrogations se multiplient depuis que l'agence fédérale a refusé de préciser si elle utilisait le logiciel présent sur les smartphones pour obtenir des informations...A.G.
Dernière info: D’après le Washington Post une enquête fédérale vient d’être lancée aux Etats-Unis à l’encontre de Carrier IQ. Le corps exécutif de l’entreprise a été entendu mardi par la Federal Trade Commission, gendarme de la concurrence aux Etats-Unis, et la Federal Communications Commission, gendarme des télécoms américain, qui souhaitent déterminer quelles données ont pu être stockées par le logiciel et surtout quelle utilisation en a été faite.
Le logiciel pour smartphones Carrier IQ continue de faire polémique. En particulier aux Etats-Unis. Au début du mois de décembre, un chercheur en sécurité, Trevor Eckhart, indiquait que cet outil de diagnostic censé améliorer la performance d’un smartphone pouvait en fait se transformer en mouchard. Déployé sur 140 millions de combinés, il serait capable d’archiver sa localisation, l’activité en ligne de son utilisateur et même d’enregistrer chaque frappe au clavier, selon le chercheur, même si l’éditeur dément ce dernier point. A présent, les médias américains s’interrogent au sujet de l’utilisation de ces données récoltées au fil du temps par Carrier IQ à l’insu des possesseurs de smartphones: sont-elles récupérées par le FBI? L’éditeur répond que non dans un e-mail envoyé au site Internet VentureBeat: «Carrier IQ n’a jamais fourni de données au FBI.» Un porte-parole de Carrier IQ a également précisé que si le FBI avait approché l’éditeur, «nous l’aurions redirigé vers les opérateurs téléphoniques, parce que les données collectées pour le diagnostic leur appartient et n’appartient pas à Carrier IQ.» Une manière subtile de rejeter la responsabilité d’éventuelles dérives sur ses partenaires…
Du côté de l’agence fédérale, pas un mot sur le sujet malgré l’insistance de la presse. Souhaitant faire la lumière sur cette affaire, un journaliste américain, Michael Morisy, a introduit une requête auprès du FBI en invoquant la liberté d’information des citoyens (le Freedom of Information Act, FOIA) pour en savoir plus sur les «modes d'emploi, documents et autres informations écrites utilisées pour accéder ou analyser les données récoltées par des programmes développés ou déployés par Carrier IQ», rapporte Forbes.
Pour Carrier IQ, un bug est à l’origine du scandale
Le FBI a fait savoir qu’il avait reçu la requête mais qu’il la rejetait au motif que toute révélation pourrait «interférer avec des procédures légales en cours». Résultat, les soupçons s’intensifient autour de l’agence fédérale. «Ce n’est pas clair: enquête-t-elle sur Carrier IQ ou bien utilise-t-elle le logiciel pour d’autres enquêtes?», se demande Michael Morisy.
L’éditeur de Carrier IQ tente malgré tout d’apaiser les esprits. Lundi, il a publié sur Internet un document PDF de 19 pages, destiné à ceux qui craignent son logiciel, intitulé «Comprendre la technologie Carrier IQ – Ce que Carrier IQ fait et ne fait pas». L’éditeur y explique avoir découvert que son logiciel enregistrait effectivement certains SMS mais précise ne pas avoir été au courant. Pour lui, il s’agit d’«un bug», qui intervient «dans des circonstances particulières»: lorsqu’un utilisateur reçoit un SMS pendant un appel téléphonique, par exemple…
Carrier IQ a rappelé dans son document que la fonction du logiciel n’est pas d’espionner les Américains mais d’aider les opérateurs et constructeurs à mieux cerner les problèmes rencontrés par les consommateurs. En attendant, plusieurs «class actions» (recours en nom collectif) ont été déposées aux Etats-Unis début décembre contre les principaux opérateurs téléphoniques (AT&T, Sprint, T-Mobile) mais également contre les constructeurs de smartphones Apple, HTC, Samsung et Motorola.


















