Digitzing Line, le Bip Bip des scanners

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 La Digitizing Line 3000 pourrait révolutionner un marché d’avenir : la numérisation de masse des écrits. Ce scanner, présenté en mars au Salon du livre, affiche des résultats records. A pleine vitesse, il peut scanner 3000 pages par heure. « Rempli d’intelligence et de capteurs », d’après ses concepteurs, il s’adapte à la taille du livre et tourne les pages automatiquement. Un tube perforé est placé à côté du livre.Son souffle soulève les pages qu’un chariot vient délicatement tourner. « Si le chariot prend deux pages, la machine le détecte et revient en arrière, explique Alain Ricros, président de la société i2S. De même, s’il y a une page pliée ou volante, la machine s’arrête et prévient l’opérateur. La sécurité est optimale et le livre ne sera jamais endommagé. La confiance absolue des conservateurs de bibliothèque nous est essentielle.» Ainsi, lamachine adapte sa cadence pour ne pas abîmer les pages et reliures fragiles. Autre nouveauté, le Digitizing Line 3000 peut fonctionner en mode « lumière ambiante », donc sans apport lumineux artificiel, pour ne pas endommager les ouvrages anciens. Dans ce cas, la vitesse de scannage est plus longue. Malgré tout, la machine conserve une cadence honorable de 500 pages à l’heure. Et ce avec une résolution proche de 100 mégapixels. « Six fois plus que nos concurrents », ajoute avec gourmandise AlainRicros. Avec une seule machine,on peut numériser environ 3000 livres par mois. Le prix du joujou avoisine les 200000 g. En remboursant 3000 euros par mois pendant six ans, une bibliothèque numérise son fond au prix de 1 euros par livre! » Dans ce brillant calcul, Alain Ricros, ne tient cependant pas compte des frais de reconnaissance optique de caractères, d’archivage et d’indexation des données. Autres frais :le stockage des données. Car même numérisé, un livre coûte cher à entretenir. Environ 30 euros par an pour un gigaoctet.

Benjamin Chapon

Google compte, dans un avenir proche, numériser et rendre accessible gratuitement un grand nombre d’ouvrages. Ce projet rencontre des résistances, occultant les questions de propriété intellectuelle et de droits d’auteur. En contact étroit avec Google mais tenu à la confidentialité, Alain Ricros indique que, si le projet voit le jour, la commande s’élèverait à plusieurs centaines de machines. « Nous ne sommes que des industriels. Cette technologie est disponible et fiable. Le reste est politique. »