Le Web, arme politique d'avenir
Panique sur le Web. Selon le site Zone-H, observatoire de la cybercriminalité, les sites Internet occidentaux et principalement danois sont victimes d'attaques massives de pirates opposés aux caricatures du prophète Mahomet : 600 sites danois et près...©2006 20 minutes
Panique sur le Web. Selon le site Zone-H, observatoire de la cybercriminalité, les sites Internet occidentaux et principalement danois sont victimes d'attaques massives de pirates opposés aux caricatures du prophète Mahomet : 600 sites danois et près de 1 000 en tout ont été « défacés ». En clair, les pages d'accueil sont défigurées, montrent des drapeaux danois en train de brûler ou servent de tribunes à des manifestes contre les pays incriminés. Selon Ulf Munkedal, expert en sécurité informatique auprès de la société Fort Consult, « il s'agit du piratage politique et religieux le plus important jamais constaté jusqu'à présent au Danemark ». Selon François Paget, chercheur antivirus chez l'éditeur Mc Afee, « cela correspond à un doublement des attaques en temps normal. »
Ceci dit, ayant affaire à des pirates amateurs, les sites les plus protégés sont peu touchés. Le site du journal danois Jyllands-Posten, à l'origine de la première publication, a plutôt bien résisté aux attaques, ne devant fermer que deux heures le 30 janvier. Tout comme les sites gouvernementaux dont les pirates ne sont pas parvenus à bloquer l'accès. En France, si le site de France Soir, premier journal à avoir publié les caricatures dans l'Hexagone, a été attaqué, cela a été sans conséquences. « Il n'est plus actif depuis plus d'un an sur décision de Raymond Lakah, propriétaire du journal », précise Serge Faubert, directeur de la rédaction du quotidien.
Si attaquer principalement les sites d'un pays, en l'occurence le Danemark, dans de telles proportions est inédit, le phénomène n'est pas nouveau, remontant au début des années 2000. « En 2003, lors de l'intervention en Irak, quelque 300 à 400 sites américains et britanniques ont été attaqués », précise Mikko Hyppoenen, expert de F-Secure. François Paget note néanmoins que cela prend de l'ampleur. Et révèle une « tendance à voir la géopolitique s'immiscer sur la Toile au cours des prochaines années. Après les premiers hackers qui faisaient cela pour s'amuser, sont arrivées des personnes malveillantes qui y voyaient un moyen de faire du business avec les spams notamment. Maintenant la politique entre dans la danse ». Et de ne pas exclure « qu'un jour un gouvernement, un pays ou une organisation donne les moyens à des hackers de mener une attaque de grande ampleur ». Et là, on ne pourra « mesurer la qualité de sa protection que face aux attaques ». Christophe Joly



















