WikiLeaks: Cinq journaux condamnent la publication intégrale des câbles diplomatiques

POLEMIQUE Car les documents non expurgés sont «susceptibles de mettre certaines sources en danger»...

Avec Reuters

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Page d'accueil du site WikiLeaks.
Page d'accueil du site WikiLeaks. — DR

WikiLeaks est en train de se mettre ses partenaires à dos. Cinq journaux associés à la publication fin 2010 de télégrammes du département d'Etat américain fournis par WikiLeaks ont condamné vendredi la récente diffusion par le site internet, dans leur intégralité, de plus de 250.000 documents diplomatiques.

Dans un communiqué commun, The Guardian (Londres), le New York Times, le magazine allemand Der Spiegel, El Pais (Espagne) et Le Monde (France) estiment que cette décision de publier des documents non expurgés est «susceptible de mettre certaines sources en danger». «Il avait été clairement entendu avec WikiLeaks que seuls les télégrammes qui auraient été soumis à un processus commun visant à les sélectionner et à en expurger les sources vulnérables seraient publiés», ajoutent les cinq journaux. «Nous ne pouvons pas défendre la publication de données complètes, qui n'était pas nécessaire. Nous la condamnons solidairement.»

Pour ces journaux, «la décision de publier la totalité de ces télégrammes appartient à Julian Assange», le fondateur de WikiLeaks. «Il en est seul responsable», soulignent-ils.

Bavure de WikiLeaks et du Guardian

Jeudi, WikiLeaks a nié avoir mis des vies en danger en diffusant ces notes dans leur intégralité. Dans une tribune, Julian Assange accuse le Guardian de «négligence». Le quotidien britannique s'est de son côté défendu. En fait, un mot de passe a été publié dans un livre écrit par un de ses journalistes. Ce mot de passe, pensait-il, ne servait qu'à décrypter le fichier mis à la disposition du Guardian par WikiLeaks l'an dernier. Sauf qu'une autre version du fichier circulait apparemment sur BitTorrent. Ces derniers jours, sur des forums de hackers, certains ont fini par rassembler les deux pièces du puzzle.

Du coup, après un sondage sur Twitter, WikiLeaks a décidé de publier l'intégralité du fichier dans sa forme originale. L'organisation a cependant contacté les autorités américaines la semaine dernière, afin que les sources potentiellement mises en danger puissent se mettre à l'abri.