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Page d'accueil du site WikiLeaks. — DR

SECURITE

Bavure de WikiLeaks: Julian Assange et le «Guardian» se renvoient la balle

A cause d'une double bourde, une version des câbles diplomatiques non éditée est disponible...

D'un côté, un fichier crypté contenant les 250.000 câbles originaux de la diplomatie américaine, avec les noms des sources non expurgés. De l'autre, un mot de passe publié dans un livre écrit par un journaliste du Guardian. Secouez le tout sur Internet, et c'est le drame, avec des informateurs et des activistes potentiellement mis en danger.

Julian Assange et le quotidien britannique s'accusent mutuellement de négligence. Selon Assange, le journaliste «David Leigh a, de manière irresponsable, publié les clés de décryptage dans un livre». Si le Guardian reconnaît ce point, il rejette la responsabilité du fiasco sur WikiLeaks, précisant: «Personne ne savait que le même fichier, avec le même mot de passe, avait été republié sur Bittorrent. Aucune inquiétude n'a été manifestée lors de la publication du livre. Si quelqu'un chez WikiLeaks pensait que la sécurité avait été compromise, il avait sept mois pour retirer les fichiers.»

Limiter la casse

Le fichier auquel il est ici fait allusion semble être le fichier «d'assurance vie» d'Assange, mis en ligne sur BitTorrent dans une version cryptée, l'an dernier. Selon le bon vieux scénario «S'il m'arrive quelque chose, une clé de décryptage sera publiée.» Apparemment, ce fichier et celui mis à disposition du Guardian par WikiLeaks, dans le cadre de leur partenariat, partageaient le même mot de passe, sans que le quotidien ait été mis au courant.

Dans leur ensemble, les experts en sécurité renvoient dos à dos le Guardian et WikiLeaks. L'organisation se défend, et explique avoir contacté le département d'Etat le 25 août afin que les sources et les informateurs potentiellement exposés puissent se mettre à l'abri. Suite à un sondage réalisé sur Twitter, WikiLeaks a ensuite décidé de publier l'intégralité des câbles diplomatiques dans leur version originale. Public pour public, WikiLeaks souhaite que le maximum de personnes y ait accès.