Google+, un «tueur du Facebook» qui a déjà du plomb dans l'aile?

INTERNET Après un premier mois de lancement fracassant, qui a fait croire à une véritable concurrence pour Facebook, le réseau social de Google attire déjà moins de monde...

Anaëlle Grondin

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Google+, le réseau social made in Google.
Google+, le réseau social made in Google. — DR

Un nouveau joujou qui aura sans doute du mal à devenir le chouchou du public. Le 28 juin dernier, les forums et réseaux sociaux (plus particulièrement Twitter) étaient pris d’assaut par les technophiles curieux, désireux d’obtenir par tous les moyens une «invitation Google+», pépite permettant de se connecter au site flambant neuf mis en ligne ce jour là par le moteur de recherche américain. Google+, que certains ont nommé le «tueur de Facebook», a ainsi réalisé une entrée plus que fracassante dans la vie des internautes du monde entier, qui se demandaient si le service offrirait réellement un  «plus» par rapport aux réseaux sociaux déjà existants.  Trois semaines plus tard, Google+ devenait sans conteste le réseau social à la croissance la plus exponentielle, en affichant près de 18 millions d’utilisateurs.

L’effet de mode est passé

Mais l’effet de nouveauté étant passé, il semblerait que l’intérêt des internautes pour le nouveau réseau social s’estompe progressivement. Le service d'analyse concurrentielle en ligne Experian Hitwise a observé le trafic sur Google+ depuis son lancement. Il précise que si les inscriptions n’ont cessé de croître les premières semaines, le nombre de visites enregistrées aux Etats-Unis a décliné de 3% durant la semaine du 16 au 23 juillet, rapporte Mashable. Le temps moyen passé sur le site a suivi la même tendance sur cette période.

Google+ séduit indéniablement pour son approche plus respectueuse de la vie privée ou son outil très intuitif permettant de gérer ses contacts en un clin d’oeil (les «cercles»), contrairement aux  «listes» Facebook. Mais au final, combien d’internautes se consacrent aujourd’hui uniquement à Google+? Très peu, semblerait-il. Ceux qui sont déjà présents sur le site de Mark Zuckerberg et sur Twitter, par exemple, ont tendance à publier les mêmes contenus (photos, notes de blog, humeur) sur Google+… Pas vraiment une grande valeur ajoutée pour les utilisateurs.

Trop de réseaux à gérer sur la Toile

Plusieurs raisons pourraient expliquer pourquoi Google+ s’essouffle déjà malgré les critiques élogieuses sur la Toile: les habitudes sont difficiles à changer (Facebook existe depuis 2004), peu de personnes ont réellement le temps de gérer leurs contacts sur plus de deux réseaux sociaux en même temps, et le public de Google+ reste encore pour le moment les technophiles. Sans oublier le fait que tous les «amis» ne sont pas forcément déjà inscrits, ce qui rend le concept moins intéressant.

Par ailleurs, la polémique sur l’anonymat qui a éclaté  il y a deux semaines a certainement refroidi plus d’un internaute. Google a affirmé ne pas accepter de pseudonymes sur son réseau social, comme l’explique Numerama. Le moteur de recherche justifie ce choix en insistant sur le fait qu’il ne souhaite pas voir de spams, trolls et provocations faciles sur le réseau.

Lorsqu’il a lancé son nouveau service (très tard par rapport à ses concurrents), Google voulait faire de Google+ un point d'ancrage quotidien sur Internet, écrivait Reuters en juin dernier. Google+ devait ainsi permettre aux internautes d'accéder à tous ses services, et non pas se présenter comme un simple site où les internautes viendraient jeter un oeil occasionnellement. Malheureusement pour le moteur de recherche, c’est encore le cas aujourd’hui.

Et vous, êtes vous séduits ou déçus par Google+?