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«Rango», le making-of, du papier à la 3D

«Rango», le making-of, du papier à la 3D

CULTUREReportage dans les coulisses des studios de George Lucas, à l'occasion de la sortie DVD de «Rango», disponible depuis le 27 juillet...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

Que la force soit avec toi. A l'entrée des studios ILM, à San Francisco, la statue bienveillante de maître Yoda accueille le visiteur et rappelle que George Lucas a créé sa boîte d'effets spéciaux en 1975 pour Star Wars. Mais après s'être occupé de la post-production de près de 300 films, Industrial Light and Magic a tenté l'aventure solo en réalisant son premier long métrage d'animation avec Rango, de Gore Verbinski, qui sort le 27 juillet en DVD.

« On a voulu se démarquer de la concurrence sur l’esthétique », explique John Bell, directeur artistique sur le projet. Ici, pas de personnages lisses et flashy. « Le monde de Rango est poussiéreux, crasseux et rugueux, pour évoquer l’univers des western spaghetti », détaille l’artiste, qui a effectué à lui seul près de 500 croquis.

Mais si ILM a voulu s’éloigner des univers propres de Pixar et de Dreamworks, le studio a dû faire des concessions. « Pendant plusieurs mois, on a observé des caméléons pour obtenir la texture et la couleur les plus réalistes possible », raconte Damian Steele, en charge de l’habillage 3D. « Puis on s’est rendu compte que cela n’était pas très plaisant à regarder pendant 90 minutes, surtout par des enfants. On a tout repris à zéro. »

« Emotion capture »



Autre particularité, la prise du son. Dans le monde de l’animation, les acteurs posent en général leur voix tour à tour, enfermés dans des cabines hermétiques. Pour Rango, tout le monde était présent sur une scène rudimentaire. Cette méthode du « natural acting », proche du « théâtre de quartier fauché », selon Johnny Depp, permet d’obtenir des performances plus vivantes, estime Gore Verbinski. Qui a fait le choix de renoncer à la 3D, pourtant en vogue. Selon le réalisateur, le monde de Rango était « suffisamment riche pour ne pas avoir besoin de lui ajouter une dimension ».