Le campus Ubisoft ne ferait pas école
Un campus pour former aux métiers du jeu vidéo? Cette formation était au coeur des débats du Carrefour de l'animation, le week-end dernier à Paris.©2006 20 minutes
Un campus pour former aux métiers du jeu vidéo. Créée par l'éditeur Ubisoft au Canada il y a un an, cette formation était au coeur des débats du Carrefour de l'animation, le week-end dernier à Paris. « Notre volonté est de passer de 1 000 employés en 2005 à 2 000 en 2010, explique Martin Tarrier, responsable de la communication chez Ubisoft Canada. Avec le campus, nous nous donnons les moyens de cette ambition. »
Officiellement, les étudiants du campus ne sont pas liés à Ubisoft. Cependant, l'éditeur choisira les meilleurs éléments de cette première promotion. Cette initiative laisse les écoles françaises sceptiques. Marie-Anne Fontenier, directrice de Supinfogame à Valenciennes, voit la création du Campus comme une spécificité canadienne. « Cela répond à l'urgence d'un besoin pour Ubisoft Canada.
En tant qu'école, Supinfogame sera toujours plus prospective et novatrice qu'une formation orientée par un seul éditeur. » Même Xavier Poix, directeur d'Ubisoft France, ne pense pas que le campus soit la panacée. « Ces équipes, parfois très juniors, ne me satisferaient pas. Je préfère faire confiance aux écoles françaises. Le talent est là. Mais nous pourrions encore accentuer les partenariats. » Un appel du pied que modère Marie-Anne Fontenier. « Nous avons beaucoup de relations avec les entreprises par notre statut d'école de chambre de commerce. Alors bien sûr, nous collaborons avec Ubisoft. Cependant, nous ne travaillons pas pour une seule boîte. Ce serait dangereux. »
Pragmatique, Supinfogame a néanmoins créé une section spéciale à la demande expresse d'une entreprise. « Le directeur d'IP4U, une entreprise spécialisée dans les jeux pour les mobiles, a participé au recrutement et à la création du contenu pédagogique de cette section. Dans quelques mois, les quinze étudiants seront tous engagés par IP4U. »
Benjamin Chapon



















