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Lockheed Martin: la cyber-guerre s'intensifie
TECHNOLOGIES•L'un des plus gros groupes de l'industrie de défense au monde, victime d'attaques, entend renforcer son système de protection...Charlotte Pudlowski
Lockheed Martin, 126.000 employés, et principal fournisseur du Pentagone, a été victime d’une cyber-attaque la semaine dernière, « importante et persistante», dont l’ampleur est encore en cours d’évaluation.
Contrer les attaques
Les cyber-attaques, partout dans le monde, s’intensifient. «L’année écoulée a changé la donne dans la perception du cyberespace. Surtout, la découverte du virus Stuxnet a alerté le monde entier sur la façon dont les attaques virtuelles pouvaient causer des dommages considérables sur des systèmes industriels de pointe», expliquait le Guardian le mois dernier.
En France, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) a justement été entendue par François Fillon la semaine dernière, deux mois et demi après le gigantesque piratage informatique qui a visé le ministère des Finances, début mars. En février dernier, le Canada avait vu ses serveurs attaqués. En Australie, le gouvernement vient de conseiller aux sociétés privées de mettre en place les mesures de sécurité nécessaires pour se prémunir de ces cyber-attaques.
De son côté, Lockheed Martin a expliqué dimanche qu’il avait intensifié ses enquêtes et renforcé les mesures de sécurité. Le gouvernement américain, concerné puisque client de la firme, a précisé que celle-ci, à l’instar d’autres fournisseurs de matériel militaire, étaient régulièrement confrontées à des attaques de cyber-criminels recherchant des données sur la sécurité nationale américaine.
Qui mène l’attaque?
Car ces attaques font partie de la guerre d’influence que mènent les différents Etats. L’attaque à l’encontre de Lockheed Martin «s’inscrit dans la lignée de tentatives répétées des ennemis des Etats-Unis, notamment la Chine et la Russie, d’infiltrer des réseaux d’information afin de glaner des détails sur leurs armes» analyse le Telegraph anglais.
En 2010, le Time anglais soulignait que des avertissements avaient été donnés, au sein de l’Otan et de l’Union Européenne, suggérant de se protéger des attaques venant de Chine. Une source de l’Otan avait ainsi confié: «Tout le monde est conscient que la Chine est devenue très active dans la cyber-guerre et on reçoit désormais des avertissements réguliers de la part des services de sécurité internes». En janvier 2010, Google avait d’ailleurs été victime d’une attaque informatique et avait accusé la Chine - qui avait nié. En février 2011, la société de sécurité informatique McAfee avait indiqué que la Chine avait lancé des attaques informatiques sur des groupes pétroliers.
Officiellement, Lockheed se refuse cette fois-ci à toute spéculation sur l’origine des attaques. Mais l’incident, jugulé très rapidement selon la société, souligne la vulnérabilité des sociétés, et des gouvernements.


















