Partenariat entre Bing et BlackBerry: Le jeu en vaut-il le prix pour Microsoft?

TELEPHONIE Steve Ballmer a annoncé un partenariat, mardi. L'occasion pour le moteur de recherche de Microsoft de tenter de grignoter davantage de terrain face à Google...

P.B.

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Capture d'écran du moteur de recherche de Microsoft, Bing, le 1er mars 2011
Capture d'écran du moteur de recherche de Microsoft, Bing, le 1er mars 2011 — DR.

Steve Ballmer l'a maintes fois reconnu: attaquer Google de front est sans doute l'un des challenges les plus complexes qu'ait entrepris Microsoft. Mardi, le patron du groupe a annoncé un partenariat avec RIM, qui va faire de Bing et de Bing Maps deux services natifs des BlackBerry. Aux Etats-Unis, le moteur de recherche de Microsoft a réussi à grignoter des parts de marché, grâce notamment à ses fiançailles avec Yahoo et à une campagne marketing sans précédent. Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle.

Sur les six derniers mois, Google est passé aux Etats-Unis de 72% de parts de marché à 64%. Pendant ce temps là, Bing grimpait de 24% à 30%. Problème, à la lumière des résultats publiés par Microsoft la semaine dernière, le groupe dépense une fortune dans cette marche forcée.

Bing perd de l'argent

Selon Business Insider, qui a passé les résultats au crible, Microsoft a dépensé 5,5 milliards de dollars pour Bing l'an dernier (dans divers partenariats et acquisition de trafic) pour générer 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Pour chaque dollar gagné, Microsoft en dépense deux. Cela, sans compter une campagne marketing pour placer Bing dans une demi-douzaine de série télé.

Certes, Microsoft a du cash en réserve et jure que l'investissement paiera au final, via le principe des économies d'échelle. Mais alors que l'entreprise bataille pour exister sur un autre front (celui des smartphones, avec un partenariat avec Nokia qui coûtera «plusieurs milliards» de dollars à Microsoft), et alors que les ventes de PC/Windows ont reculé, l'avenir s'annonce incertain pour le groupe.

La Bourse l'a bien compris: en deux ans, le cours de l'action Microsoft n'a pas bougé; pendant ce temps-là, celui d'Apple triplait.