Les rappeurs s’emparent des manettes

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Le rap envahirait-il les jeux vidéo ? La bande-son de « NBA 2K6 », 100 % hip-hop, est déjà dans les bacs alors que le jeu de basket arrive fin janvier. Et le plus gros événement « rappo- informatique » explosera sur consoles fin février : « Bulletproof », basé sur la vie sulfureuse du rappeur 50 Cent. Un phénomène qui n’est pourtant pas nouveau. En 1996, « PaRappa The Rapper » avait introduit les premiers rythmes hip-hop. « Ça a commencé doucement », explique le DJ hip-hop Cut Killer. « Jouer sur des morceaux inédits coûtait cher. Les fabricants ont d’abord tapé dans les classiques du rap. Le premier jeu à les utiliser a été “Gran Theft Auto”. » Puis le champ d’action s’est agrandi avec « True Crime : Street of LA », où Snoop Dogg devenait un vrai personnage. Un croisement des genres qui rapporte autant de nouveaux consommateurs aux maisons d’édition informatiques que musicales. Logique, selon Thomas Seris, chef de produit chez Vivendi Universal France, « jeux vidéo et hip-hop partageant le même type de public : jeune, réactif, sensible aux licences qui répondent à leurs attentes. Pour la génération actuelle des joueurs, le hip-jop a toujours fait partie du paysage musical. Il est normal que la production vidéo-ludique reflète cette tendance. » Pas étonnant, donc, que Kool Shen commente les actions de « Fifa Street » ou que Diam’s ait été contactée pour avoir son personnage dans un futur « Sim’s Superstar ». Thomas Seris confirme les liens intimes entre jeu et rap. « Les rappeurs ont une vie ultra-romancée, souvent violente, très axée sur l’image. Bref, tout pour faire un bon jeu ! » Adeline Lajoinie

«Bulletproof» 100 000 exemplaires de ce jeu vidéo ont déjà été vendus en Angleterre et 450 000 aux Etats-Unis. 75 000 seront mis en place en France. 9 balles reçues dans le corps ont largement contribué à faire de 50 Cent l’un des rappeurs les plus connus et les plus vendus dans le monde. 8 heures de musique sont disponibles sur le jeu, soit l’équivalent de quatre CD. 3 mois ont été nécessaires pour que les équipes françaises mettent au point le sous-titrage du jeu.