Windows Phone 7, un reboot salutaire

SMARTPHONE Alors que l'arrivée des premiers modèles équipés du nouveau système de Microsoft est imminente, 20minutes.fr s'est rendu au siège de l'entreprise, près de Seattle. L'occasion de voir de plus près un OS différent, pas encore parfait, mais prometteur...

Philippe Berry

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L'interface de Windows Phone 7
L'interface de Windows Phone 7 — REUTERS/A.GEA

De notre envoyé spécial à Redmond

«Reboot» et «reset». Au cours des deux jours passés au QG de Microsoft, à Redmond, les cadres de l'entreprise ont répété religieusement ce mantra. Stratégie de comm'? Sans doute. Mais après avoir vu et touché Windows Phone 7 dans une version quasi finale, la remise à plat commencée il y a 18 mois est évidente. Comme avec Internet Explorer 9, Microsoft revient d'entre les morts.

Un OS dynamique et innovant

Windows Phone 7 repose sur une idée centrale: donner accès à un maximum d'informations et de fonctions directement depuis l'écran principal, sans devoir systématiquement passer par une app. «On a voulu réduire le nombre de clics», explique Joe Belfiore, l'un des architectes du système. Concrètement, cela se traduit par un desktop fait de «tiles», des gros carreaux de couleur qui peuvent aussi bien être une app qu'un contact, un raccourci web, un album photo ou une playlist musicale.

Surtout, là où Microsoft se démarque d'Apple et de Google, c'est en rendant ces tiles dynamiques. Le calendrier affiche votre prochain rendez-vous sur l'écran d'accueil, la fiche-contact de votre mari se met à jour en temps réel avec son dernier statut Facebook etc. En somme, Windows Phone 7 est une sorte d'open space dans lequel on communique facilement avec ses voisins; l'iPhone mise, lui, sur des bureaux bien aménagés mais isolés les uns des autres.

Ludique et multimédia

Avec son précédent système, Microsoft a perdu la bataille du grand public. WP7 se rattrape avec une intégration de Zune qui n'a rien à envier à l'expérience multimédia d'un iPod/iPhone. L'appareil photo se déclenche rapidement avec une pression sur le bouton dédié, même lorsque l'écran est verrouillé. Côté divertissement, les titres casual se trouveront sur un MarketPlace similaire à l'app store d'Apple. En revanche, les jeux plus ambitieux seront triés sur le volet et intégrés à XBOX Live. Microsoft Studios adaptera ses licences à succès et des titres exclusifs. Côté développeurs, l'entreprise veut attirer le maximum de monde avec une flexibilité dans les outils proposés et des règles transparentes de certification.

Pour le business également

Le monde de l'entreprise n'est pas oublié. L'agenda fusionne différentes sources (Outlook ou Google calendar, notamment). Des couleurs permettent de ne pas mélanger sa vie business et personnelle. La suite bureautique Office OneNote inclut gratuitement des versions optimisées de Word, Excel, PowerPoint et SharePoint. Cryptage et Exchange sont au rendez-vous. La clavier tactile se situe dans la moyenne, la correction automatique fonctionne plutôt bien. Le contrôle vocal n'est pas réduit à de simples commandes type «appeler maman», on peut également –en anglais pour l'instant– effectuer une recherche Bing.

Quelques manques impardonnables

Copier-coller, multitasking pour applications non-natives, support de Flash et du HTML5... Aucune de ces fonctions n'est disponible au lancement (Flash et HTML5 arriveront sans doute, mais pas de calendrier pour l'instant). Difficile à avaler en 2010, surtout pour les geeks.

Microsoft dit avoir dû «faire des choix». Vu le retard, chaque semaine de présence sur le marché compte, et l'entreprise s'est concentrée sur d'autres fonctions (comme les liens intelligents qui reconnaissent une adresse ou un numéro de téléphone). Un ingénieur de l'entreprise confie cependant à 20minutes.fr avoir vu des solutions de copier-coller fonctionner. Reste à espérer qu'une mise à jour intervienne rapidement, et pas deux ans après comme pour l'iPhone.

Malgré ces manques, Windows Phone 7 séduit incontestablement. Pour Microsoft, si les téléphones des partenaires sont au niveau côté design, le reboot salutaire pourrait même devenir salvateur.