Avalanche de tablettes numériques en perspective

Sandrine Cochard

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Jeff Chiu/AP/SIPA

Hors de question de laisser Apple occuper le marché des tablettes. Moins d’un an après le lancement très attendu de l’iPad, plusieurs marques dégainent leur propre modèle. Rien que ce mois-ci, cinq constructeurs ont avancé leur pion. Et pour exister aux côtés de la toute puissante Apple, qui vise le grand public, les constructeurs jouent sur la performance et le positionnement. Avec une règle d’or: rester fidèle au savoir-faire de sa marque. Tour d’horizon.

RIM veut capter les professionnels

Avec son téléphone BlackBerry, le canadien Research in Montion a su capter un marché de professionnels qu’il entend bien conserver avec sa tablette PlayBook. «Cet appareil est prêt pour l'entreprise», a d’ailleurs souligné le co-directeur général de RIM Mike Lazaridis lors de la présentation de la tablette, lundi soir à San Francisco. La PlayBook a été conçue pour s’intégrer totalement au système BlackBerry: une simple connexion BlueTooth permet de synchroniser le calendrier, le carnet d'adresse, la messagerie etc. d'un appareil à l'autre. Un «BlackBerry amplifié» en somme, comme l’a qualifiée Mike Lazaridis.
 
Sharp mise sur la lecture

Sa tablette baptisée Galapagos ne se veut pas un terminal multimédia, contrairement à l’iPad ou la PlayBook qui empruntent beaucoup à l’ordinateur. Elle se concentre plutôt sur le savoir-faire historique de la marque, qui est déjà un acteur majeur des livres numérisés, à savoir la lecture. La Galapagos joue ainsi dans la cour des ebooks, comme le Kindle d’Amazon, et vise surtout les gros consommateurs de livres et de presse. Pour appuyer sa sortie, en décembre prochain au Japon pour commencer, Sharp va d’ailleurs lancer une librairie en ligne de 30.000 titres (livres, presse…) qui s’étendra ensuite à d’autres contenus - musique, vidéos, films, jeux.
 
Kno vise les étudiants

Objectif: devenir l'iPad des salles de classe. Kno ambitionne de convertir les étudiants aux tablettes avec son modèle qui intègre notamment des fonctionnalités de prise de notes (avec un stylet), de graphiques ou encore de dessin et se décline en un ou deux écrans. Il n’y a pas encore de date de sortie pour cette tablette dont Kno vante l’autonomie avec «des batteries suffisantes pour tenir une journée à plein régime sur un campus».
 
Archos ratisse large

La société française propose une tablette déclinée en deux modèles – la 70 et la 101. Si la première semble surtout dédiée à un usage familial (elle permet de «partager de bons moments en famille ou entre amis» selon Archos), la seconde s’adresse à un public plus technophile. Mais le principal atout d’Archos est sa capacité à décliner un produit. La firme a présenté pas moins de 5 tablettes sous Android, aux fonctionnalités et aux prix très variés (de 99 à 299 euros). Une façon d’être présent de l'entrée au haut de gamme.
 
Samsung mise sur la distribution

La firme coréenne a opté pour un positionnement original, à mi-chemin entre smartphone et tablette. Sa Galaxy Tab, mise en vente dès le mois d’octobre en France, est présentée comme la première concurrente sérieuse de l’iPad. Outre des caractéristiques techniques qui en font un outil complet et polyvalent, la tablette sert aussi… à téléphoner. C'est «une extension de la gamme smartphone, développée par la division télécom», précise Jean-Philippe Illarine, directeur marketing de la division des produits télécoms de Samsung. De quoi permettre à la firme de distribuer sa tablette dans les boutiques des opérateurs télécoms, qui n'ont pas le droit de commercialiser l'iPad.
 
Ces outsiders auront toutefois fort à faire pour déloger Apple de son rang de pionnier bien installé. Ainsi, selon iSuppli, la part de marché estimée d'Apple de 74,1% en 2010, devrait seulement reculer à 70,4% l'an prochain et tomber à 61,7% en 2012.