«Tetris», la gym des neurones
JEU VIDEO•Créé en 1984, il continue de faire travailler les cerveaux...Joel Métreau
Les tetrominos n'en finissent pas de tomber depuis 1984, date de la création de «Tetris». Et ils ne sont pas près de s'arrêter puisque 100 millions d'exemplaires de «Tetris» ont été téléchargés sur mobile depuis 2005, et qu'une version «Tetris Party Deluxe» pour DS et Wii vient de sortir. Avant que le social gaming, ces jeux sur Ies réseaux sociaux, rendent les joueurs accros, voici un titre qui recelait déjà un fort potentiel addictif : «“Tetris” n'offre pas de fin. Le seul objectif du joueur est d'améliorer son propre record personnel, note Pascal Luban, directeur créatif et game designer. Cette motivation est très puissante. A la fin d'une partie, on se dit toujours: "Je suis sûr que je pourrai faire mieux la prochaine fois” et on relance le jeu!»
« Un bon outil pour les neurosciences »
Ça tombe bien. «Tetris» fait travailler notre matière grise, et plus particulièrement certaines compétences du cerveau, comme «La rotation mentale». «Pour réussir dans ce jeu, il faut arriver à faire tourner les pièces dans nos têtes, anticiper, explique Celia Hodent, docteur en psychologie, spécialisée en psychologie cognitive. Cette compétence sert par exemple à lire une carte routière à l'envers ou à se garer quand on regarde dans le rétroviseur.»
Ainsi «Tetris» a déjà servi à plusieurs expériences sur notre matière grise. «C'est un bon outil pour les neurosciences», affirme Richard Haier, un psychologue et universitaire américain qui avait mené des recherches en 1992, puis en 2007. Il raconte: «Nous avons montré que plus les gens étaient bons à ce jeu, moins il avaient besoin de déployer une activité cérébrale intense en y jouant.»
Ce que témoigne Jonas Neubauer, 29 ans, champion du monde de «Tetris» depuis le 8 août: «Jouer à haut niveau, c'est comme une seconde nature. Je peux poursuivre facilement des conversations pendant que je joue.» D'un type capable de résoudre à moitié des sudokus difficiles sans poser de chiffres, on n'en attendait pas moins.



















