Les pays du Golfe veulent interdire les principaux services sur BlackBerry

HIGH-TECH Emirats et Arabie Saoudite...

Charlotte Pudlowski

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D.DOVARGNES/AP/SIPA

500.000 utilisateurs sont concernés aux Emirats, 700.000 en Arabie Saoudite. Les deux pays ont annoncé dimanche et lundi la suspension à partir du 11 octobre pour l’un et courant août pour l’autre, des principaux services du BlackBerry. Le Koweït et le royaume de Bahreïn ont aussi exprimé des inquiétudes.
 
Le problème: le service «Research In Motion» le producteur de BlackBerry, qui offre un système très sécurisé, empêchant le gouvernement de surveiller les communications.
 
«Les Emirats n’ont jamais été un lieu offrant beaucoup de confidentialité sur le plan des communications électroniques» explique au New York Times Jim Krane, l’auteur de la Cité d’or, livre sur l’histoire de Dubaï. «Le gouvernement ne cache pas qu’il contrôle les communications, les sms, les appels, les e-mails. La révélation de ce que les données sécurisées du BlackBerry sont hors de portée du radar gouvernemental ne fait que confirmer cette volonté de contrôle.»
 
D’autres smartphones, comme les iPhones, ne sont pas liés à une boîte mail spécifique à l’appareil. Ce qui signifie que les mails circulent librement dans les tréfonds du Web et peuvent être facilement interceptés et consultés par le gouvernement.
 
Le BlackBerry est-il vraiment sécurisé?

A l’inverse, le BlackBerry utilise des données cryptées, qui circulent par un réseau contrôlé uniquement par la compagnie. Grâce à ce niveau de sécurité, le gouvernement américain permet à de nombreux militaires et fonctionnaires d’envoyer des messages confidentiels grâce au BlackBerry.
 
Mais en réalité, le système est sécurisé pour le gouvernement américain, mais pas pour les pays étrangers. Les serveurs de Research in Motion se trouvent aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Ce qui empêche les gouvernements autres que ces pays de contrôler les informations. Les pays détenteurs des serveurs pour espionner les communications, et les autres non, permettant une asymétrie dans les possibilités d’espionnage industriel.
 
C’est ainsi que l’Inde, en 2008, avait conditionné l’autorisation des services BlackBerry à l’installation dans le pays de serveurs locaux. Ce qui n’a pas été fait. Des négociations ont permis de maintenir néanmoins le service.
 
Le gouvernement français estime de son côté que l’utilisation de BlackBerry, toujours pour ces raisons de lieux d’établissement de serveurs, peut présenter des risques de sécurité et d'espionnage industriel pour la France, par les pays possesseurs de serveurs. Il a donc mis à l’index les appareils. Les ministères, services du Premier ministre et ceux de la présidence de la République sont priés de choisir d’autres smartphones.