Christophe Séfrin
L'essentiel
- Google lance dès le 5 octobre son ordinateur baptisé « Googlebook ».
- Proposant une expérience continue et fluide aux utilisateurs de smartphones Android, ces portables font aussi de l’IA Gemini intégrée leur cheval de Troie.
- But de Google : concurrencer les PC Windows et les MacBooks d’Apple à travers un écosystème complet et performant.
Google ne jette pas l’éponge. Après ses ordinateurs Chromebooks lancés en 2011 (mais qui ne sont pas parvenus à s’imposer), la firme de Mountain View lance ses Googlebooks. Exit Chrome OS, le système d’exploitation dédié adapté de son navigateur web, place à Googlebook OS, qui veut tirer le meilleur parti d’Android. En partenariat avec Asus, Acer, HP, Lenovo, et Dell, les Googlebooks se posent en concurrents directs des PC sous Windows et des MacBooks d’Apple, dont le petit Neo que Google semble vouloir faire monter sur l’échafaud. La concurrence est-elle condamnée ?
Android dans les veines
Google ne lâche pas l’affaire. Si ses ordinateurs Chromebooks ne se sont pas imposés (bien qu’ils aient leur petit public, en quête d’ordinateurs simples et pas chers), les Googlebooks avancent avec un petit air revanchard. Cette fois, ce n’est pas une émanation du navigateur Chrome de la firme de Mountain View qui anime ces ordis portables, mais une extension d’Android ici nommée Googlebook OS. Avantage immédiat : les Googlebooks se révèlent la parfaite continuité des smartphones sous Android. Rien de plus simple que de débuter une session sur son terminal mobile, de la poursuivre sur son ordinateur dès qu’on l’ouvre… et de la reprendre sur son smartphone ! C’est ce que Google nomme la technologie Continue On. Dont on trouve une formule identique depuis longtemps chez Apple…
L’interface des Googlebooks, très « Google Pixel » (les smartphones de Google) dans son esthétique, permet ainsi d’accéder à l’ensemble des fichiers de son smartphone Android, et aux applications qu’il contient via la barre de tâches. En passant de l’un à l’autre, on a simplement l’impression de changer d’écran. Et il est possible d’installer sur un Googlebook 100 % des applications disponibles sur le PlayStore de Google. Reste à savoir si certaines applications métier ou si certains jeux vidéo costauds seront à la hauteur de leur nouvelle tâche. Avec 20.000 jeux compatibles disponibles, Google a d’ailleurs bien l’intention de rassurer et de séduire les gamers, tout en leur offrant un an d’abonnement à GeForce Now avec chaque ordinateur.
Gemini omniprésent
Innovation intéressante avec le Magic Pointer (ou Pointer magique) qui est à l’IA des Googlebooks ce que Google Lens est à la recherche visuelle. En « pointant » un document, un texte, une image… l’IA Gemini se met immédiatement au travail et vient vous aider pour identifier un élément, effectuer une traduction ou une tâche dédiée (comme de créer une affiche en combinant des images…)…
On l’aurait deviné, Gemini est donc omniprésent sur les Googlebooks. Il est par exemple possible de dicter un texte à la voix pour qu’il soit immédiatement transcrit sans fautes de prononciation ni hésitations (finis les « euh » !) et adapté dans le style désiré (professionnel, familier…). Reste que Google ne propose pas une version agentique de Gemini, son IA n’étant donc pas proactif et ne prenant pas d’initiative sans être dûment sollicitée.
Nos articles sur GoogleRépondant à un cahier des charges très précis (256 Go de mémoire interne minimum ; de 16 Go à 32 Go de RAM ; processeur Intel Core Ultra 300 ; Qualcomm Elite ou puces Mediatek ; jusqu’à 14 heures d’autonomie en lecture vidéo et 16 heures en navigation Web ; clavier rétroéclairé ; large trackpad…), les premiers Googlebooks sont attendus chez Asus, Acer, HP, Lenovo, et Dell dès le 5 octobre avec dix ans de mises à jour promises.
Mais là où les Chromebooks pouvaient s’imposer comme une alternative économique aux PC Windows et MacBook, les Googlebooks vendus à partir de 999 euros arrivent frontalement avec des ultraportables sous Windows parfaitement équipés… tandis que le meilleur des MacBook Neo (en 512 Go/8 Go) ne vaut, lui, que 899 euros. Avec ses Googlebooks, Google devra donc prouver que son alternative, fut-elle crédible, n’aura pas à rougir en termes de performances face à la concurrence.