Ces smartphones pour les enfants blacklistent les applications néfastes (et les réseaux sociaux)
LIGNE OUVERTE•Neow, une marque marseillaise, commercialise des smartphones protégés pour préserver nos ados des dangers potentiels du numériqueChristophe Séfrin
L'essentiel
- De plus en plis d’initiatives visent à protéger les plus jeunes de certains risques encourus avec le numérique.
- Développés à Marseille, les smartphones « Neow » veulent rassurer les parents en quête d’un tout premier smartphone pour leur enfant.
- Sans moteur de recherche, sans réseaux sociaux nativement accessibles, ils disposent de leur propre magasin d’applications qui peut s’étoffer selon le bon vouloir des parents.
The Phone, un smartphone dédié aux plus jeunes. Le Guardian, un bracelet avec bouton SOS qui évite de leur confier un téléphone. Ou encore la Kids Watch proposée par Bouygues Telecom, l’opérateur qui dégaine également son Mode Enfant sur les smartphones des mômes. Le Compte Enfant annoncé par Apple pour la rentrée… Décidément, la liste des initiatives pour protéger nos chères têtes blondes des dangers du potentiel numérique s’allonge ! Dernière en date, celle des terminaux de la marque Neow pour les ados. Derrière ces mobiles à petit prix, une panoplie de protections pour éviter qu’un premier smartphone soit la porte ouverte à des dérives.
Plus de 280 applications dédiées
« Ce n’est pas un bridage, c’est un peu comme du covoiturage », explique Eric Haddad, le patron de HEM, société marseillaise à l’origine des smartphones Neow. Vendus à partir de 89 euros, baptisés Neow Kids, Neow Safe et Neow Safe Plus, ces terminaux Android 14 ont une particularité : « ils sont nativement sécurisés avec une proposition d’applications présélectionnées ». Il y en a environ 280 en tout, que l’enfant peut charger dans un store dédié : des « pratiques » ; des pour communiquer ; d’autres pour jouer.
Soit la propre boutique d’applications Android dédiée aux smartphones Neow, à bord desquels il n’y a pas de navigateur « ouvert » qui permettrait à la jeune pousse de faire ses courses où bon lui semble, et encore monde réseaux sociaux.
Techniquement, les Neow disposent ainsi d’une liste blanche d’applications, « sélectionnées par des humains » – insiste Eric Haddad —, ainsi qu’une liste noire. « On y trouve notamment les chatbots conversationnels. Ce n’est pas normal qu’un enfant de 13 ans parle de ses malheurs avec une IA sur laquelle personne n’a le moindre contrôle », précise le patron d’HEM. Y figure également un jeu multijoueur comme Brawl Stars dans lequel il existe des possibilités de chat. Ou encore Gemini et Grok, des IA dont les parents devront autoriser l’éventuelle installation.
Dès lors, si maman ou papa voulaient installer depuis leur page Parents une application figurant sur la liste noire Neow, un message d’alerte leur en rappellerait les risques potentiels. Une hésitation ? Une hotline est à l’écoute et peut conseiller depuis Marseille. De quoi faire évoluer pas à pas le smartphone de son enfant selon ses usages, mais aussi sa connaissance et son éducation progressives au numérique.
Bien sûr, toute application servicielle, comme celle du collège, d’un club de sport… peut être installée. « On n’est pas du tout contre la technologie, mais il y a un âge où il vaut mieux taper dans un vrai ballon que de passer des heures sur un écran », explique pour sa part Luc-Marie Brisset, chef de projet pour Neow. À noter enfin qu’un smartphone Neow peut à tout moment être totalement « déverrouillé » et devenir un classique smartphone Android.
Nos articles sur l'adolescence« Libérer la charge mentale des parents »
Neow, dont déjà plus de 26.000 smartphones sont en circulation, va travailler tout l’été sur la « V2 » de sa formule. « Outre la localisation, il y aura davantage d’incitations à ouvrir les discussions entre parents et enfants, afin de libérer la charge mentale des premiers et ne pas frustrer les seconds sur la gestion du temps d’écran et le contrôle qui en est effectué », précise Luc-Marie Brisset, chef de projet Neow. Qui reste vigilant quand aux discriminations pouvant se faire jour dans les cours de récré, lorsque l’on n’a pas un téléphone comme les autres.
« On pense cependant qu’une éducation de la société est en marche et que nous avons des solutions à apporter ». Pour preuve, selon le patron d’HEM Eric Haddad, « les vendeurs de chez Carrefour qui vendent nos terminaux nous rapportent toujours les mêmes questions entendues auprès des parents : Je cherche un téléphone pour mon enfant qui ne coûte pas très cher ; Je cherche quelque chose de sécurisé ».


















