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Cybercriminalité : La maison connectée brûle et nous regardons ailleurs, selon un rapport alarmant
HACKATHON•Netgear et Bitdefender mettent en garde sur les risques que constituent désormais les produits connectés omniprésents dans nos intérieursChristophe Séfrin
L'essentiel
- Les foyers connectés en Europe, aux États-Unis et en Australie subissent en moyenne 29 tentatives d'intrusion quotidiennes selon un rapport de Netgear et Bitdefender.
- Les téléviseurs intelligents et appareils de streaming représentent la majorité des vulnérabilités détectées.
- Pour se protéger, il est recommandé de « privilégier le Wifi 7 qui possède des pare-feu beaucoup plus puissants, créer différents réseaux dans la maison » et d'utiliser des mots de passe robustes.
Alerte sur nos maisons connectées! Un nouveau rapport sur le paysage de la sécurité IoT en 2025 que 20 Minutes a pu consulter est une vraie mise en garde sur nos logements 2.0. Selon l’enquête réalisée auprès de 6,1 millions de foyers par le fabricant d’appareils réseau Netgear et la société de solutions de sécurité Bitdefender, nos home sweet homes de plus en plus branchés sur le Web seraient devenus au fil des ans de vraies passoires numériques ouvrant grand portes et fenêtres de nos maisons aux cyberhackers. Explications.
29 tentatives d’intrusion quotidiennes
Le chiffre fait froid dans le dos. Les propriétaires de logements connectés en Europe, aux Etats-Unis et en Australie, seraient quotidiennement victimes de 29 tentatives d’intrusion automatisées. Ce chiffre issu du rapport Netgear et Bitdefender, constitue certes une moyenne. Mais il est révélateur d’un fait. Alors que l’on tente de plus en plus de se protéger des cybercriminels en augmentant notre vigilance face à certains mails, en renforçant nos mots de passe… d’autres failles existent dans nos maisons sans qu’on les voit.
« Hier encore, on évoquait d’abord les ordinateurs, voire les caméras de sécurité, comme autant de maillons faibles face aux attaques, mais aujourd’hui, c’est beaucoup plus subtil », constate Emilie Schuller, Senior PR Marketing Manager EMEA chez Netgear. Et pour cause : les objets connectés que nous avons amassés depuis vingt ans sont autant de trous de souris potentiels pour ceux qui, dans l’ombre, tentent de dérober nos données personnelles et données bancaires. « L’univers du hacking est beaucoup plus complexe que ce que l’on pourrait penser », relate Emilie Schuller. Ainsi, de notre box Internet à nos enceintes, en passant par nos luminaires, serrures et autres tablettes, nous disposerions de 22 objets connectés en moyenne par foyer !
Les téléviseurs dans le viseur
Dans le viseur de Netgear et Bitdefender, les appareils de streaming représentent la majorité de l’ensemble des vulnérabilités détectées, suivis par les smart TV et les caméras IP. À eux seuls, les smartphones, sont ainsi au centre du divertissement et constituent 19,6 % des points d’ancrage au réseau (9,5 % pour les téléviseurs). « Ensemble, les équipements de divertissement et de surveillance constituent plus de la moitié des appareils exposés », précise le rapport. Mais question : comment un cybercriminel peut-il s’introduire dans nos vies numériques par le biais de nos téléviseurs ? Parce que la « lucarne » est restée ouverte, serait-on tenté de répondre !
« Piles logicielles complexes, longue durée de vie des appareils et cycles de mise à jour souvent déplorables » sont en cause selon le rapport. Qui avance : « Les téléviseurs intelligents modernes sont en réalité des systèmes complets basés souvent sur Android ou Linux. Ils exécutent des boutiques d’applications, des moteurs de navigation et des kits de développement (SDK) tiers pour le streaming, la publicité et la reconnaissance vocale. Chaque couche ajoute de la complexité au code et élargit la surface d’attaque, augmentant ainsi les risques de sécurité pour le foyer connecté ». Et puis, comme le rappelle Emilie Schuller de Netgear : « nos téléviseurs sont aussi des appareils sur lesquels nous avons saisi nos données bancaires pour profiter de streaming et de VOD »… Et comme nous conservons ces écrans entre cinq à huit ans, leur sécurité finit forcément par décroître.
Notre dossier «Objets connectés»Mais l’étude mondiale de Netgear et Bitdefender pointe également des équipements 2.0 que l’on n’imaginait pas forcément propices aux intrusions : les prises connectées. « Bon marché, omniprésentes et souvent oubliées une fois installées, leur firmware est rarement mis à jour. Pourtant elles restent toujours en ligne, ce qui en fait des recrues faciles pour les botnets ou des points d’ancrage dans les réseaux », développe le rapport. Et paradoxe, alors qu’en 2025, nous nous sommes massivement équipés de ces petites prises pour tenter de réduire nos dépenses énergétiques : « cette forte croissance de l’automatisation énergétique intelligente et des prises télécommandées a attiré une attention renouvelée des attaquants », constate Netgear.
Selon l’enquête, l’écosystème constitué désormais par nos maisons connectées n’a donc rien de vertueux. Face aux botnets (ces robots virtuels qui explorent le réseau à la recherche de portes ouvertes), un minimum de précautions s’avère plus que jamais nécessaire. Netgear, qui vante l’efficacité de ses routeurs Wifi et d’Armor, son système de protection développé avec Bitdefender (99 euros/ans) pour protéger tous les appareils du foyer, réclame plus de pédagogie autour de la protection de la maison connectée.
De son côté, Emilie Schuller rappelle quelques bases : « privilégier le Wifi 7 qui possède des pare-feu beaucoup plus puissants, créer différents réseaux dans la maison (un général, un second pour les objets connectés et un troisième pour les invités), et pousser le nombre de caractère de ses mots de passe à 12 signes, voire 15 pour les appareils nomades. « Le prénom de ma fille, suivi par 1,2, 3 et un point d’exclamation, c’est terminé », clame-t-elle.


















