DJI : Après les drones, le fabricant lance un aspirateur nommé ROMO
HORS-SOL•Avec son ROMO, le fabricant de drones DJI se lance avec beaucoup d’ambition dans une nouvelle catégorie de produitsChristophe Séfrin
L'essentiel
- Après les drones, les caméras, les micros et même les vélos, DJI se lance dans l’univers de l’entretien des sol.
- ROMO, le premier aspirateur-laveur du fabricant chinois, intègre certaines de ses technologies développées pour conquérir les airs.
- Désormais à l’assaut de nos sols, DJI s’attaque à un marché en pleine évolution et taille déjà des croupières à ses concurrents.
C’est évidemment un univers où l’on n’attendait pas DJI. Le fabricant de drones, de caméras d’action et de micros pour les vlogueurs balaie devant sa porte et lance ROMO, son premier aspirateur robot-laveur. En janvier dernier, le constructeur avait déjà surpris son monde en commercialisant un vélo à assistance électrique, l’Amflow, qui fait aujourd’hui l’unanimité. Alors DJI est-il aussi fort pour aspirer et laver nos sols que pour nous envoyer en l’air ? 20 Minutes a testé ROMO.
Un aspirateur-robot-laveur transparent
Il existe en quatre modèles (ROMO S, ROMO A, et ROMO P), actuellement respectivement vendus 1.199 euros, 1.499 euros et 1.699 euros (prix de lancement). Le P est le plus évolué, mais aussi le plus marrant. Pour ce robot-laveur haut de gamme, DJI a choisi un design tout en transparence. Un choix esthétique qui peut cliver, mais qui « allège » également visuellement le produit composé d’une base et d’un aspirateur robot. Et qui rappelle un peu l’IMac G3 avec une coque translucide et colorée, lancé par Apple en 1998.
Ce parti pris esthétique surprend d’autant que l’on ne discerne à travers la façade translucide de la station d’accueil (pas plus que sous le capot transparent comme du verre de l’aspirateur) le moindre fil électrique ou circuit imprimé. C’est plutôt un squelette que l’on observe un peu interloqué…
Des capteurs tombés du ciel
Mais ce qui justifie surtout l’arrivée de DJI à l’assaut de nos sol après avoir conquis le ciel, c’est la maîtrise du fabricant dans l’univers des capteurs. DJI le promet, et nous l’avons vérifié, son ROMO peut lors de ses missions de nettoyage détecter à peu près tout ce qui peut se trouver au sol (jusqu’à 2 mm d’épaisseur). De la plus petite pièce de Lego dans la chambre d’un enfant, à une chaussette dans la salle de bains. S’arrêter, les contourner, et surtout ne pas les aspirer (au risque de se bloquer).
Équipé d’un double capteur fisheye et de trois capteurs LiDAR grand angle, ROMO aspire et lave en même temps. Ou ne fait qu’aspirer. Ou que laver. Ou fait simplement ce que vous désirez dans telle ou telle pièce, une fois paramétré dans son application DJI Home. En effet : pas forcément nécessaire de laver le salon à chaque passage, alors que le sol de la cuisine mérite un entretien plus intensif.
Premier constat une fois lancé dans sa course : ROMO est singulièrement plus silencieux que ses congénères, son niveau sonore ne dépassant pas les 60 dB (A), comme mesuré au sonomètre. Certains modèles atteignent jusqu’à 70 dB (A), ce qui exclue de les utiliser dans son bureau, lorsque l’on télétravaille, par exemple, sans qu’ils nous dérangent. Là rien de tout cela. Et lorsque ROMO vide dans sa base les saletés, poils et cheveux collectés, il n’effectue cette tâche qu’à chaque début de cycle, et non à chaque fin de nettoyage. Ce qui n’est pas si bête.
Une puissance parmi les meilleures
Autre particularité : la machine dispose de petits bras articulés, tant pour ses balais avant que pour ses épaisses lingettes de lavage arrière. Lorsqu’elle doit travailler dans un coin, nettoyer autour d’un pied de table, ou l’angle d’un meuble, les petits bras se déplient automatiquement, assurant un nettoyage beaucoup plus précis, donc plus efficace, autour des obstacles rencontrés. Et si un tapis se trouve sur le chemin de ROMO, les lingettes se rétractent sous l’appareil lors de son passage, n’autorisant que l’aspiration des saletés.
À noter que la puissance d’aspiration de 25.000 Pa du ROMO P est l’une des plus importantes du marché. À notre connaissance, seul le Dreame X50 fait mieux, avec 30.000 Pa. Reste qu’il est possible de programmer trois niveaux de puissance (et de débit d’eau) pour chaque pièce ou zone à nettoyer. Comme pour « insister » autour de la litière du chat ou des toilettes…
Notre dossier sur les produits «DJI»Bémol cependant : même dépourvu de l’excroissance sur le dessus souvent imposée par la présence d’un LiDAR, l’épaisseur de ROMO reste assez importante : 98 mm. Néanmoins, lorsqu’il s’aventure sous un meuble, il allume, seul, une petite bande LED à l’avant pour y voir plus clair. Un peu comme lorsque s’allument les phares d’un véhicule en entrant dans un tunnel. Amusant, également : les deux caméras que le robot utilise pour identifier les objets peuvent également être employées pour effectuer une petite surveillance de son intérieur depuis son smartphone. L’idée n’est pas nouvelle (LG l’avait initiée il y a de nombreuses années), mais c’est un petit « plus » bienvenu.
Lorsqu’il rentre à sa base, ROMO va gérer seul son entretien. Se recharger, nettoyer ses lingettes, vider son bac (au démarrage) dans un sac traité aux UV (capacité : 2,4 l), mais aussi faire le plein d’eau propre (depuis son bac de 4 l), évacuer son eau sale (dans son bac de 3,2 l). Et s’approvisionner en détergeant et désodorisant. Ces produits sont vendus par cartouches de 400 et 200 ml (15,99 euros l’unité) pour l’entretien des sols et des lingettes. Que l’on se rassure : on peut en programmer l’usage, comme ne définir l’emploi de détergent que pour le sol de la cuisine. Ce qui permet de faire des économies.
À l’arrivée, DJI promet 200 jours d’utilisation sans entretien. Un argument franchement difficilement vérifiable, qui dépend évidemment de la fréquence d’utilisation de la machine et des surfaces qu’elle entretient.
Reste, avec une autonomie jusqu’à 3 heures, une vraie machine de guerre, qui place encore un peu plus haut le curseur sur l’échelle de la qualité du nettoyage. Par-delà un design qui le distingue, le ROMO P aspire fort, avec un niveau de bruit faible, lave bien, avec une précision maniaque, et dispose d’une station pratiquement autonome. Coup d’essai, coup de maître ? Ce début tonitruant du fabricant chinois dans un univers qui n’était pas le sien peut laisser présager de futures initiatives pour lesquelles nous ne sommes peut-être encore pas tout à fait prêts.



















