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Google appuie sur le bouton nucléaire pour alimenter ses data centers

Google : Le géant va allumer des centrales nucléaires d’un nouveau type pour se fournir en électricité

HIGH POWERLa firme de Mountain View vient d’annoncer un partenariat qui, dès 2030, lui permettra de s’alimenter en énergie nucléaire d’un genre nouveau
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Google vient d’annoncer son partenariat avec la firme américaine Kairos Power pour faire face à ses besoins en électricité propre.
  • Dès 2030, les petits réacteurs nucléaires modulaires de Kairos Power participeront ainsi aux besoins exponentiels en énergie « verte » de Google pour alimenter ses data centers et réduire son empreinte carbone.
  • Ces réacteurs, dits SMR (pour Small modular reactor) sont une piste d’avenir pour produire de l’énergie au plus près des infrastructures industrielles qui en ont besoin.

Une mini-centrale nucléaire pour faire tourner ses data centers. Google a annoncé le lundi 14 octobre son intention d’acheter de l’électricité à Kairos Power. Le but de la firme de Mountain View est de profiter des nouveaux petits réacteurs nucléaires en cours de développement de la firme américaine. Ceux-ci devraient à terme lui permettre de faire face à ses besoins d’électricité qui ne cessent de croître, mais aussi en électricité bas carbone. Finalité : tenir ses promesses d’atteindre zéro émission nette d’ici à 2030 !

Des centrales nucléaires modulaires

Kairos Power, ce nom ne vous dit rien ? Fondée en 2016, cette société américaine va développer des réacteurs nucléaires de nouvelle génération, mais surtout de petite taille. Nommés SMR (pour Small modular reactor), ces unités de production seront bien moins onéreuses à terme qu’une centrale nucléaire. Modulaires, elles sont conçues pour être fabriquées en usines, transportables par camion puis assemblées sur site, au plus près des besoins industriels.

Comme pour alimenter les data center où sont stockées nos données et où l’IA générative turbine déjà à plein régime. Oui, le cloud et Gemini sont gourmands en énergie (écoutez notre fiction sur le sujet !)… Fin 2023, Kairos Power a reçu l’agrément de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis pour entamer la construction d’Hermes, son SMR de démonstration à Oak Ridge (Tennessee). La première pierre a été posée fin juillet. Hermes, premier prototype du genre, devrait être opérationnel dès 2027.

Plusieurs réacteurs d’ici 2035

Complémentaires de réacteurs à grande puissance, les SMR peuvent produire de 20 à 300 MW (mégawatts) par unité (contre entre 900 à 1.650 MW par réacteur pour les EPR, comme celui de Flamanville. Google table sur la mise en service du premier SMR dédié à ses infrastructures dès 2030, « suivi de déploiements de réacteurs supplémentaires jusqu’en 2035 », selon la firme de Mountain View.

La petite taiulle des SMR de Kairos Power leur pemrettra d'être installées au plus près des datas centers de Google.
La petite taiulle des SMR de Kairos Power leur pemrettra d'être installées au plus près des datas centers de Google. - Capture

« Dans l’ensemble, cet accord permettra de fournir jusqu’à 500 MW de nouvelle énergie sans carbone 24h/24 et 7j/7 », promet Google, dont la consommation énergétique aurait bondi de 50 % depuis 2019. L’électricité produite par les SMR développés conjointement par Google et Kairos sera additionnée à l’énergie propre à base de solaire, d’éolien et de géothermie déjà utilisée par Google pour alimenter ses data centers et bureaux. Et, particularité : les SMR (décidément plein de promesses !), n’ont pas besoin d’eau pour rafraîchir les combustibles (mais de sel fondu). La gestion des déchets nucléaires est quant à elle mieux prise en compte.

Electricité, chaleur et eau douce

Si l’actualité braque aujourd’hui ses projecteurs sur Kairos Power, la société est loin d’être la seule à se lancer sur le terrain très prometteur des énergies bas carbone produites par les futurs SMR.

D’autres sociétés comme NuScale, Holtec (aux USA), Rolls-Royce (Royaume-Uni), la filiale d’EDF Nuward ou Naarea (France) se sont emparées de ce sujet qui n’intéresse pas seulement les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) aux besoins en électricité et en énergie renouvelable de plus en plus importants pour leurs centres de stockage.

Pouvant également être utilisés pour produire de la chaleur, les SMR pourraient aussi progressivement se substituer aux centrales à charbon pour le chauffage urbain, mais aussi être utilisés pour alimenter des usines de dessalement afin de produire de l’eau douce.

Des perspectives qui, sur le papier peuvent réjouir. Reste une technologie qui devra faire ses preuves, tant en matière de production que de sécurité. Et qu’il faudra attendre 2030 pour éventuellement voir ses premières promesses tenues…