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Avec sa vraie photo de flamant rose, il a remporté un prix à un concours de photos créées par l’IA
RUSE•En présentant une véritable photo à un concours parmi des clichés générés par un algorithme, le photographe a voulu montrer que les créations des humains ont une réelle valeur20 Minutes avec agence
Face à l’essor et à la sophistication toujours plus avancée des logiciels d’intelligence artificielle (IA), certains s’inquiètent de la propagation de fausses photographies devenant de plus en plus difficiles à différencier des vraies. Le photographe Miles Astray a quant à lui voulu inverser la tendance lorsqu’il a participé aux 1839 Awards, un concours de photographies jugé par des experts du New York Times, de la maison de vente Christie’s, de Getty Images, du Centre Pompidou et de la maison d’édition Phaidon, rapporte Ça m’intéresse.
Un oiseau sans tête
Dans la catégorie IA, plutôt que de soumettre une image effectivement générée par un algorithme, l’artiste a proposé une photographie on ne peut plus réelle. Il faut dire que le cliché, intitulé Flamingone, avait de quoi brouiller les pistes. Il montre en effet un flamant rose qui semble avoir perdu sa tête, dans un décor de mer caribéenne. En réalité, Miles Astray avait bel et bien cette photographie lors d’un séjour à Aruba, une île néerlandaise au large des côtes du Venezuela, alors que l’oiseau était simplement en train de se gratter le ventre.
Avec cette œuvre, le photographe a eu la surprise de remporter la troisième place dans sa catégorie, ainsi que le prix du public. Après que les gagnants ont été annoncés, Miles Astray a informé Creative Resource Collective, l’organisation qui organise le concours, de la supercherie.
L’importance de « la créativité et l’émotion »
« J’ai soumis cette photo authentique dans la catégorie IA des 1839 Awards pour prouver que le contenu humain n’a pas perdu sa pertinence, que Mère Nature et ses interprètes humains peuvent encore surpasser la machine, et que la créativité et l’émotion vont bien au-delà d’une simple série de chiffres, a-t-il écrit sur son site Internet. Bien sûr, il y avait des préoccupations éthiques, mais je comptais sur le jury et le public pour reconnaître l’importance de cette critique envers l’IA. »
Miles Astray a été disqualifié du concours mais il devrait bientôt développer un projet avec Creative Resource Collective. L’organisation prévoit en effet de publier une analyse sur l’état des images générées par l’IA en utilisant son initiative comme point de départ.
Plus d'infos sur l'intelligence artificielle« Nous espérons que cela sensibilisera les autres photographes concernés par l’impact de l’IA et leur offrira un message d’espoir », a indiqué Lily Fierman, directrice du collectif.



















