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Le business des lunettes 3D prend du relief

Le business des lunettes 3D prend du relief

HIGH TECHAprès «Avatar», «Dragons» «Alice» et «Le Choc des Titans» sort demain au cinéma...
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

Mercredi sort dans les salles Le Choc des Titans en trois dimensions. Avec 1,6 million d'entrées en une semaine, la blonde Alice fait des merveilles dans les salles obscures: 73% des spectateurs du film de Tim Burton vont le voir en 3D. Le cinéma en relief, c'est «la poule aux œufs d'or», constate Emma Deleva, du journal Ecran Total. La raison? Avatar, Alice au pays des merveilles ou Dragons permettent aux mille salles 3D françaises d'alourdir la facture pour le spectateur.

Une belle cacophonie

A Paris, dans les cinémas MK2 ou au Max Linder, les tarifs sont majorés de 3 euros. Dans le réseau UGC, qui commence tout juste à s'équiper en 3D, c'est 1 euros de plus. Dans les salles CGR, les films 3D sont facturés 7,20 euros (au lieu de 5,20 euros) + 0,50 euros pour l'achat des lunettes… Une belle cacophonie pour le spectateur.

Alors, lucratif, le business des lunettes? «Honnêtement, oui. Pour qu'il y ait un engouement aussi rapide, il faut que chaque maillon de la chaîne y trouve son compte», constate Alain Rémond, le directeur de XPand Cinéma France. Du coup, la majoration du prix du billet profite à tout le monde. D'abord, au fabricant de lunettes (XPand, Dolby ou RealD) et à l'intégrateur de systèmes 3D dans les salles.

Ensuite, au distributeur et à l'exploitant qui vont se partager les recettes supplémentaires, «une fois les taxes de 10,6% prélevées par le CNC [Centre national de la cinématographie] durant les premières semaines d'exploitation», précise Eric Jolivalt qui travaille notamment pour le Max Linder. Mais certains exploitants qui ont fait l'effort d'investir dans des systèmes de projection 3D rechignent à reverser leur quote-part aux distributeurs. «Le sujet est bouillant, mais les relations sont en cours d'harmonisation», note Alain Rémond. Déduction faite des frais de personnel supplémentaire pour distribuer et collecter les lunettes et une fois les gains répartis, une séance 3D laisse à l'exploitant une recette additionnelle de 0,20 euros par entrée, selon Eric Jolivalt. «Mais c'est un maximum.»

ACTIVES OU PASSIVES

Il y a deux types de lunettes 3D. Les «passives», de technologie plus ancienne, sont aussi moins chères pour qui serait tenté par un achat (entre 5 et 20 euros). Plus lourdes, intégrant un écran LCD, les lunettes «actives» sont plus onéreuses (de 50 à 100 euros, selon les constructeurs). Reste à savoir si les exploitants sont prêts à recevoir des spectateurs munis de leurs lunettes personnelles, au risque de perdre les recettes liées à la location.