Les raisons de craquer pour l'iPad. Et celles de le zapper.

REVUE DE WEB Faut-il ranger vos laptops et netbooks au placard?

Philippe Berry

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L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010
L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010 — Apple

De notre correspondant à Los Angeles

En France, il faudra patienter jusqu'à la fin du mois. Mais aux Etats-Unis, l'iPad débarque samedi (dans son modèle wifi). Quelques rares médias ont pu l'essayer avant la sortie. S'ils sont globalement fort séduits, l'iPad a de sérieux handicaps pour les plus technophiles.

 

Les trois raisons de craquer pour l'iPad

Un «laptop-killer» pour le commun des mortels
C'est le vénérable Walter Moss du Wall Street Journal qui l'affirme. Depuis qu'il teste l'iPad, pour répondre à ses mails, regarder des vidéos, surfer sur le web, lire les journaux et même «faire de l'editing-light de documents», il n'a utilisé son ordinateur portable que 20% du temps. Pour David Pogue, du New York Times, «l'iPad est tellement plus pratique qu'un ordinateur pour consommer des médias» qu'il pourrait bien séduire «tous les technophobes». En somme, dans une famille, l'ordinateur portable pourrait se retrouver cantonné dans le bureau tandis que chaque membre possèderait un iPad qu'il transporterait de sa chambre au salon, le métro ou la fac.

 

Un bijou d'écran (et de batterie)
«L'écran est assez large pour que n'importe quelle application ou jeu semblent fade quand on repasse sur un plus petit. Les caractères sont nets, les images comme des joyaux et le système, vif comme l'éclair», s'enthousiasme Xeni Jardin, de BoingBoing. «Les cartes ressemblent à des vraies cartes, les applications des journaux à des vrais journaux», note Edward Baig, de USA Today. «Idéal pour regarder des films dans l'avion», juge Tim Gideon de PC Mag. Sans compter qu'à l'inverse d'un laptop, l'iPad ne chauffe pas les cuisses». Mais le vrai tour de force d'Apple, c'est la batterie. Tout le monde (nous les premiers) ricanait quand Apple a annoncé 10 heures d'autonomie. Verdict (qui varie selon les utilisations): 10h pour USA Today, 9h25 pour PC Mag, et «plus de 12 heures» pour le New York Times. Et surtout, le plus bluffant, 11h28 pour le WSJ... en enchaînant 4 films et 4 épisodes de séries, tout en ayant le wifi allumé et les emails en push. Aucun netbook ne tient la comparaison.

 

150.000 applications et 1.000 nouvelles
L'iPad, qui utilise un OS optimisé de l'iPhone, est compatible avec les 150.000 applications existantes. Soit en taille originale, soit en plein écran. Le rendu est alors «un peu flou», note David Pogue. Samedi, 1.000 nouvelles applications spécialement développées pour l'iPad devraient rejoindre l'apps store. USA Today a pu tester un jeu de voitures 3D qu'il juge «spectaculaire».

 

 

Les trois raisons de zapper l'iPad

Ses manques: pas de clavier physique, de webcam, de port USB, d'extension de mémoire, de multi-tâches ni de support flash
Tiens, ce sont presque les mêmes critiques que lors de la sortie de l'iPhone. Sauf que si l'on a appris à faire sans avec le téléphone d'Apple, de telles absences sont plus difficilement justifiables pour un appareil qui envisage de signer l'arrêt de mort des netbooks. Alors que ses collègues sont plutôt séduites par le clavier virtuel, David Pogue le juge «horrible en position verticale» et «à peine utilisable» au format paysage (il conseille de brancher un vrai pour la maison). Pas de webcam? «Le plus gros point noir», pour Tim Gideon de PC Mag. «Bye bye les chats vidéo sur Skype», regrette Pogue. Pas de support de flash d'Adobe, cela signifie «des vidéos qui ne se chargent pas sur Hulu et Espn», note Edward Baig, de USA Today, (mais ABC, CBS et de nombreux autres proposent ou vont proposer des solutions en HTML 5) et «certains sites tout vide». Bref, David Pogue conclut: «pour les technophiles, l'iPad ne remplace pas le laptop».

 

Un objet transportable bâtard
Avec son écran de 9,7 pouces, l'iPad affiche des mensurations plutôt sexy: 24x19cm, à peine plus d'1cm d'épaisseur, le tout pour 700 grammes. Difficile de faire plus transportable (un MacBook Pro, c'est 2 kgs et même un petit netbook atteint encore le kilo). Sauf qu'à la différence d'un smart phone «l'iPad ne tient pas dans votre poche», relève USA Today. Le sac à main est une solution pour ces dames, mais aux Etats-Unis, le «man-purse» suscite plutôt des moqueries (rappelez-vous The Hangover). Comme livre électronique, «on fatigue vite à une main» et on ne voit rien en plein soleil, selon PC Impact.

 

Un ordinateur fermé
Comme sur l'iPhone, tout est fermé, cloisonné. Des applications qu'il approuve à l'absence d'interaction entre elles, «Apple crée un espace dans lequel il contrôle tout», regrette John Battelle. «Je n'ai pas envie d'être forcé de passer par iTunes pour synchroniser et transférer des fichiers», s'emporte USA Today. Selon Battelle, «en termes de fonctionnalités, il y a beaucoup plus de potentiel à être ouvert que fermé». C'est pour cela qu'il préfère attendre «les tablettes sous Android».

De quel côté votre coeur balance? Prêts à débourser de 499 à 829 dollars (selon les modèles -les prix en euros ne sont pas encore connus mais sans doute dans la même fourchette). Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.