Ici, la rediffusion marche mieux que l'innovation

A. C

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Astérix sur W9, une audience record.
Astérix sur W9, une audience record. — GOSCINNY / UDERZO

Cela fait quelques années que TF1 ou France 2 ne comptent plus sur les films pour booster leurs audiences. Sur la TNT, au contraire, rien ne vaut la rediffusion d'un classique, et même d'un nanar pour gonfler les audiences.
Les recettes de programmation de la TNT relèvent, en fait, d'un savant mélange entre valeurs sûres et innovations. Côté fiction, place aux rediffusions donc. « A chaque fois qu'une chaîne a voulu lancer une série inédite, cela a été le flop », note Frédéric de Vincelles, DG de W9. Mais peu importe, « la TNT qui ne faisait que du classique a depuis innové et diffuse Skins“, “Weeds“ [ou dès aujourd'hui “True Blood” sur NT1], constate Estelle Boutière. Ce ­n'est pas bon pour leur audience, mais  excellent pour leur image. »
A l'inverse, presque, du raisonnement appliqué aux programmes de flux. Là, où les chaînes historiques se refusent à faire trop trash, la TNT a investi sans complexe certaines émissions. Meilleure illustration : Virgin 17 a récupéré « L'île de la tentation » délaissée par TF1.
Et les chaînes misent beaucoup sur les docus-réalité à base d'images chocs. Il suffit de noter la surexploitation du terme « extrême » dans les programmes de la TNT : « Convois de l'extrême » sur W9, « Déménageurs de l'extrême » sur Direct 8… « Nous faisons office de laboratoire », note Richard Maroko, Dg de NT1. Mais, avec une audience grandissante, « il faudra trouver un équilibre entre créativité et nécessité, assurer des programmes un peu moins amateurs ». Question de maturité. .