Le co-inventeur du XML rejoint Google et attaque Apple

INTERNET Tim Bray explique sa décision dans un billet sur son blog dans lequel il s'en prend férocement à l'iPhone...

Philippe Berry

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Apple vs Google
Apple vs Google — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Nouvel épisode dans la guerre aussi soudaine que violente entre Apple et Google. Lundi, c'est l'une des figures du web qui a jeté du napalm sur le brasier via un billet «Now a no-evil zone» («Et maintenant, une zone non maléfique»). Ancien de Sun Microsystems et co-inventeur du langage XML, Tim Bray y détaille pourquoi il rejoint l'équipe Android de Google. En substance, il explique avoir choisi le camp des jedi pour lutter contre l'Empire Apple.

Axe du Mal

Sans langue de bois et avec un ton 100% partisan, Bray n'embrasse pas Google dans son ensemble «L'entreprise est trop grosse pour être purement du côté du Bien. Il y a des projets sur lesquels je n'ai aucun désir de travailler», écrit-il. Mais l'OS mobile Android trouve grâce à ses yeux. Question de philosophie. «Le système est open source, n'importe qui peut développer un logiciel ou du matériel autour d'Android, il n'y a pas de feu vert à demander». Mais surtout Bray le dit haut et fort: «Ça va me plaire d'avoir Apple comme adversaire».

 

L'ancien de Sun est remontré contre la philosophie adoptée par Apple pour son téléphone –même s'il apprécie les autres produits de l'entreprise. «La vision de l'Internet mobile de l'iPhone supprime la controverse, le sexe, la liberté, mais inclut des limites strictes sur ce que les gens peuvent dire et faire. C'est un jardin sorti de chez Walt Disney, stérile, barricadé et entouré d'avocats aux dents de requins. Je déteste [hate] cela.»

Défendre son business

Aux lumières du long article sur la guerre entre «Big G» et Apple publié dans le New York Times de samedi, il semble dire tout haut ce que Eric Schmidt, le patron de Google, pense tout bas. Non pas que Google veule le bien de l'humanité avec Android. Il s'agit surtout pour l'entreprise d'étendre l'usage de l'Internet mobile –et ses bénéfices– sans se trouver à la merci d'un partenaire comme Apple qui peut arbitrairement refuser une application comme Google Voice ou passer un partenariat avec Bing de Microsoft.

Ce qui fait le point fort du web, estime Tim Bray, «ce n'est sa la technologie mais le fait que qu'il s'agit de la première plateforme sans vendeur». Selon lui, «Apple pense pouvoir garder les bénéfices d'Internet tout en contrôlant les programmes qui y accèdent» sur l'iPhone. Il conclut: «Je pense qu'ils ont tort, et je vais essayer de le prouver avec ce job chez Google.»

La guerre Google/Apple, bon pour le consommateur et l'innovation, ou le climat devient-il trop «toxique», comme beaucoup d'observateurs de la Silicon Valley l'affirment? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous