Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Wolfram alpha: révolutionnaire ou beaucoup de bruit pour rien?

Wolfram alpha: révolutionnaire ou beaucoup de bruit pour rien?

INTERNETL'oracle qui calcule les réponses à vos questions est désormais en ligne...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles


Sur le papier, une prétention aussi démesurée que l'égo de son créateur: proposer des réponses à des requêtes, non pas en écumant le web à la recherche de résultats potentiels, mais en les... calculant. Un projet entouré d'une furieuse hype ces derniers semaines. Ambitieux? Assurément. Est-ce que ça marche? Oui, mais de manière limitée.

Wolfram Alpha (Walpha) est en ligne depuis lundi, après un week-end chaotique. Son papa, le scientifique d'origine britannique Stephen Wolfram (qui a décroché sa thèse à 20 ans et acquis une reconnaissance internationale avec le développement du logiciel de calcul Mathematica), tient à mettre les choses au clair: Walpha n'est pas un moteur de recherche mais un «computational knowledge engine». Littéralement, «un moteur du savoir calculable».

Dans la pratique

Comment cela fonctionne-t-il? Pour plus de détails, lire notre article ici. En substance, Wolfram et son équipe ont passé à la moulinette une quantité astronomique de données (scientifiques, géographiques, démographiques etc) qu'ils ont restructurées de manière à pouvoir les utiliser avec des algorithmes développés pour Mathematica.

La dimension de langage naturel est –sans surprise– des plus limitée et uniquement en anglais pour l'instant. Si chaque mot semble être associé à des catégories (Paris la ville, ou Paris le prénom), poser des questions compliquées perturbe en général Walpha. Exemple «La tour Eiffel est-elle plus haute que la Space Needle» de Seattle, et le moteur répond «ne pas être certain des données d'input». Mais entrez «Tour Eiffel vs Space Needle taille» et il sort un joli ratio.

>> Vidéo de présentation ici

Pour l'instant, le savoir de Walpha reste limité à certains domaines. Beatles ou Metallica? Il ne connait pas encore. En revanche, il est déjà très pointu en science. Pour connaitre les propriétés de l'acide sulfurique ou savoir à quelle classe d'étoile correspond la température de 6.000°C, ou reconnaître la suite de Fibonacci, Walpha est imbattable -et la réponse quasi instantanée. On peut faire des requêtes de plusieurs composantes logiques. Par exemple «Quel âge avait Obama en 2004» ou «température à Paris le jour où Nicolas Sarkozy est né» (ce à quoi Walpha répond «il n'y a pas de données météorologiques pour le 28 janvier 1955»).

Pas un concurrent de Google

Avec du temps, Walpha pourrait être capable de répondre à n'importe quelle question factuelle. En clair, il restera toujours ignorant face à des questions «l'œuf ou la poule» ou «qui est le plus grand guitariste de tous les temps».

Par sa nature, et contrairement à ce que veulent faire croire certains titres accrocheurs dans la presse, il n'est donc clairement pas un concurrent à Google (qui ne reste pas sans chômer et a présenté il y a quelques jours son projet Squared). Walpha ne sera sans doute jamais utile pour vous aider à choisir un bikini ou trouver un bon restaurant. En revanche, il pourrait représenter le Wikipédia du futur.

Certains regrettent cependant que le passage des données se fasse à la moulinette propriétaire, sans tenir compte des standards du web sémantique. Pas sûr non plus que Walpha puisse générer d'importants bénéfices (même si Stephen Wolfram évoque un accès payant pour des contenus spécifiques –par exemple des université, des hôpitaux etc).

L'avez-vous testé? Quelles sont vos impressions? Outil pour geeks ou vrai potentiel?