Brésil : Pourquoi la crevette est-elle devenue le nouvel emblème des anti-Bolsonaro sur les réseaux sociaux ?

POLITIQUE Le président brésilien est moqué sur les réseaux sociaux depuis qu’il a dû être hospitalisé pour avoir insuffisamment mastiqué une crevette

H. B.
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Des crevettes roses.
Des crevettes roses. — Robert F. Bukaty/AP/SIPA

C’est le nouveau symbole de la lutte contre la politique du président Bolsonaro. Depuis quelques jours, des représentations de crevettes de toutes sortes ont envahi les réseaux sociaux au  Brésil. La raison ? Le président brésilien, âgé de 66 ans, a de nouveau été  hospitalisé cette semaine pour une occlusion intestinale, due à « des crevettes non mâchées », a expliqué ce mercredi son médecin.

Depuis, les publications mettant en scène des « camarao » (crevettes) se sont multipliées, érigeant le crustacé comme nouveau symbole de la gauche. « La crevette a été érigée en héros national et symbole de l’antifascisme et fleurit un nombre infini de blagues, de logos et divers visuels détournés », explique dans un thread publié sur Twitter Barbara Serrano, maîtresse de conférence à l’Université Paris-Saclay.


« Sois une crevette, soit un héros »

Des mèmes et des logos ont ainsi abondamment été partagés sur de très nombreux comptes. Des symboles antifascistes et communistes ont également été détournés avec une crevette, à l’image du journal parodique « Sensacionalista » qui a repris une célèbre affiche datée des années 1970 en remplaçant le slogan « Soit un marginal, sois un héros », par « Sois une crevette, soit un héros ».

Le journaliste du média de gauche Brasil24/7, Aquiles Lins, a de son côté partagé une image sur laquelle une crevette s’apprête à mener une révolution.

Le hashtag #CamaraoAntiFascista serait même en train de devenir viral, note Barbara Serrano. Certains internautes auraient d’ailleurs proposé de faire du 5 janvier, date à laquelle le chirurgien de Jair Bolsonaro s’est exprimé, le « Jour national de la Crevette antifasciste ».


Le président Jair Bolsonaro est de plus en plus contesté au Brésil. À neuf mois de la présidentielle, sa popularité est au plus bas. Un grand nombre de Brésiliens lui reprochent son déni face  à la catastrophe du Covid-19, qu’il a qualifiée de « grippette » mais qui a fait près de 620.000 morts dans le pays, le deuxième pire bilan au monde après les États-Unis.