Apple vs Epic : La firme à la pomme ne pourra plus imposer son système de paiement et sa commission aux développeurs

BATAILLE Une juge californienne a imposé une injonction permanente à Apple, l'obligeant à assouplir les règles de l'app store, tout en soulignant que l'entreprise n'était pas un monopole

P.B. avec AFP
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Le patron d'Apple, Tim Cook, fait le point sur les chiffres de l'App store lors de la conférence WWDC 2018.
Le patron d'Apple, Tim Cook, fait le point sur les chiffres de l'App store lors de la conférence WWDC 2018. — Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

Au final, c’est une victoire importante pour tous les développeurs. Vendredi, une juge californienne a, en grande partie, donné raison à l’éditeur Epic, en interdisant à Apple d’imposer son système de paiement – et donc par ricochet sa commission de 30 % – aux développeurs sur son app store.

Avec cette injonction permanente, Apple a 90 jours pour faire des modifications et laisser les développeurs rediriger les consommateurs vers leurs propres sites Web et moyens de paiement, a-t-elle ajouté. Seul motif de satisfaction pour la firme à la pomme, la juge a estimé qu’Apple ne détenait « pas de monopole sur le marché des transactions dans les jeux mobiles ».

« Epic a gagné »

Epic, l’éditeur du jeu Fortnite, accusait Apple d’abuser de sa position dominante en prélevant des commissions trop élevées sur les dépenses des clients et en leur imposant l’App Store comme intermédiaire obligatoire entre eux et leurs utilisateurs.

Les deux sociétés s’affrontent depuis un an, quand Epic a rompu son contrat avec Apple. Sa mise à jour de Fortnite offrait aux joueurs un moyen de contourner le système de paiement de l’App Store, et d’ainsi échapper au prélèvement automatique d’une commission de 30 % sur tous leurs achats dans le jeu.

« Apple a ''gagné'' en n’étant pas considéré comme un monopole, mais Epic a ''gagné'' le droit de diriger les joueurs vers l’Epic Store (son propre magasin, ndlr) comme moyen de paiement alternatif. Au final : Epic a gagné », a tweeté Michael Pachter, analyste du cabinet Wedbush. Signe que la décision est plutôt mauvaise pour Apple, son action perdait 2,8 % en Bourse après le verdict.