Cyberattaques pour la Saint-Valentin

INTERNET A l'occasion de la fête des amoureux ce samedi, les cyberpirates multiplient les tentatives d'introduire des logiciels malveillants dans les ordinateurs. La vigilance est de mise…

Audrey Garric

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Ce spam, reçu à l'occasion de la Saint-Valentin, incite à cliquer pour acheter un produit.
Ce spam, reçu à l'occasion de la Saint-Valentin, incite à cliquer pour acheter un produit. — DR

«Jules vous a envoyé une carte virtuelle. Pour la visualiser, cliquez sur le lien suivant.» Méfiance si vous recevez ce type de e-mail pour la Saint-Valentin. Car votre prétendant a de grandes chances de convoiter davantage vos codes confidentiels que votre cœur. A la place des pommes d’amour ou des traditionnels «je t’aime», un message d’erreur peut s’afficher sur votre écran, introduisant un virus dans l’ordinateur.

«Pendant les deux semaines qui précèdent les événements marquants de l’actualité, on observe une recrudescence des cyberattaques. Depuis la mi-janvier, les courriers contenant les mots «valentin» ou «valentine» ont ainsi quintuplé», explique François Paget, expert dans les menaces informatiques chez McAfee, entreprise d’édition de logiciels antivirus et antispam. A la veille de la Saint-Valentin, 5% des spams - courriers indésirables - traitent ainsi de cette fête.

Récupérer des codes confidentiels



«Au moment où l’internaute clique sur le lien, un virus se propage dans l’ordinateur et va chercher les informations confidentielles qui y sont stockées», précise Jean-Philippe Bichard, analyste chargé de la sécurité chez Kaspersky, autre éditeur de logiciels antivirus. Résultat: les cybercriminels utilisent les codes pour vider les comptes bancaires des internautes ou bien les revendrent à d’autres cybergangs.

Les virus ne sont toutefois pas les seuls malware - logiciels malveillants - qu’ont à leur disposition les cybercriminels. Des keylogger espionnent ce que l’on tape sur son clavier, des vers se reproduisent sur les ordinateurs auxquels on envoie des mails ou encore des chevaux de Troie peuvent prendre à distance le contrôle de l’ordinateur et en faire une machine-zombie, dont se servent les cybergangs pour mener leurs actions malveillantes.

Attaques plus sophistiquées



«Cette année, les attaques s’avèrent plus sophistiquées. Les sites vers lesquels les internautes sont redirigés sont plus professionnels. Et les spams se sont renouvelés», ajoute François Paget. La tendance est ainsi aux messages de filles de l’Est en quête d’un lover. Le texte, écrit en français et assorti de photos aguicheuses, a de quoi en attirer plus d’un. Certains internautes mordent même à l’hameçon lorsque la belle leur demande de l’argent, prétextant être battue par son père ou être totalement ruinée.

Le «cyber black market» ne connaît ainsi pas la crise. L’an dernier, son chiffre d’affaires s’est élevé à 100 milliards de dollars, en augmentation de 40% par rapport à 2007, selon Kaspersky.

Finalement, la prudence reste de mise. Ne pas cliquer sur les liens dont l’expéditeur est inconnu, mettre à jour ses logiciels antivirus, signaler les spams douteux, se méfier des cadeaux et ne pas entrer ses codes bancaires sans vérifier que le site est sécurisé: autant de précautions qui permettent de limiter les risques d’être «cyberattaqué».