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RESEAUX SOCIAUXLa police nationale accusée de « culpabiliser les victimes » de sexting

Revenge porn : La police nationale supprime un tweet accusé de « culpabiliser les victimes » de sexting

RESEAUX SOCIAUXUn visuel de prévention de la police nationale censé alerter les jeunes sur les dangers du sexting a créé un véritable tollé ce samedi matin sur les réseaux sociaux
Une voiture de police. (illustration)
Une voiture de police. (illustration) - DENIS CHARLET / AFP / AFP
Hakima Bounemoura

H. B.

La campagne de prévention de la police nationale pour lutter contre le revenge porn a du mal à passer sur les réseaux sociaux. Un visuel censé alerter les jeunes sur les dangers du sexting [envoi de photos ou textos à caractère sexuel] a créé un véritable tollé ce samedi matin. De nombreux internautes ont accusé le compte Twitter officiel de la police nationale de « culpabiliser les victimes » et de ne pas s’en prendre aux « coupables ».

« Il a bien reçu ton nude, tes amis, tes parents, tes camarades...(...) Envoyer un nude, c’est accepter de prendre le risque de voir cette photo partagée », était-il écrit dans un visuel partagé sur Twitter par le compte officiel de la police nationale – suivi par plus de 580.000 abonnés –, qui depuis a été supprimé.

Le visuel posté sur les réseaux sociaux par la police nationale pour lutter contre le sexting et le revenge porn.
Le visuel posté sur les réseaux sociaux par la police nationale pour lutter contre le sexting et le revenge porn. - Capture d'écran Twitter

« La police nationale fait porter la responsabilité aux victimes »

De nombreux internautes ont fait par de leur indignation sur Twitter, les hashtags #sexting et #PoliceNationale se classant même dans le top 5 des sujets les plus commentés sur le réseau social. « Comment la police nationale lutte-t-elle contre le revenge porn ? En s’adressant aux coupables potentiels en rappelant l’illégalité de la chose et les peines encourues ? Eh non ! En culpabilisant les victimes, systématiquement cible de leur communication sur le sujet », s’est insurgé un internaute. « Ils ne disent absolument pas de faire attention ! La police nationale culpabilise les victimes. De plus, ce n’est pas aux victimes à qui la police doit s’adresser, mais aux personnes qui pratiquent le revenge porn. Il faut montrer que c’est puni par la loi », a tweeté une autre internaute.

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« Traduction : envoyer un nude c’est accepter le fait que les hommes soient de gros porcs immoraux parce que même si c’est toi la victime dans l’histoire, on préfère les protéger eux. Police nationale, pire honte de ce pays ! », peut-on également lire sur Twitter. D’autres n’ont pas hésité à rappeler que « la culpabilisation des victimes » n’était pas nouvelle. « La police nationale fait porter la responsabilité aux victimes, des actes malveillants-agressions qu’elles peuvent subir. Une micro-illustration de l’expérience commune des femmes victimes d’agressions qui entrent dans un commissariat », a écrit une internaute.

La police nationale reconnaît « une maladresse »

De nombreuses personnalités du monde politique et associatif ont également dénoncé le message véhiculé par cette campagne de prévention. « Ne pas confondre victime et coupable. Envoyer un nude n’est pas un délit. Publier une image sans l’accord de la personne l’est. C’est sur ce point que de la pédagogie et communication serait très utile @PoliceNationale », a écrit Aurore Lalucq, députée européenne du mouvement Génération.s. « Supprime. La culpabilisation des victimes, c’est non », a également tweeté la militante féministe Caroline De Haas.

Face aux nombreuses critiques, le compte de la police nationale a rapidement supprimé son tweet. « La police est confrontée en permanence aux souffrances et parfois à la détresse des victimes. Les policiers font tout leur possible pour leur venir en aide. La police nationale agit pour identifier et confondre les auteurs des infractions. Elle est également mobilisée dans des actions de prévention qui s’adressent au plus grand nombre possible. Nous ne portons jamais l’idée que les victimes pourraient être responsables de la situation qu’elles subissent. Ce tweet était donc une maladresse que nous avons choisi de corriger en le supprimant », a expliqué à 20 Minutes le service d’information et de communication de la police nationale.

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