Violences à Washington : Amazon n’est pas obligé d’héberger Parler, tranche une juge américaine

WEB Amazon a déconnecté ce réseau social utilisé par de nombreux émeutiers de Capitole, et la justice a refusé d'imposer une injonction préliminaire

20 Minutes avec AFP

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L'app Parler sur un iPhone (illustration).
L'app Parler sur un iPhone (illustration). — Jaap Arriens/Sipa USA/SIPA

Parler va devoir se trouver un nouvel hébergeur. Une juge fédérale américaine a rejeté jeudi une requête du réseau social qui aurait contraint Amazon à accueillir à nouveau sur ses serveurs la plateforme prisée par les partisans de Donald Trump.

Amazon a déconnecté Parler après les émeutes du 6 janvier au Capitole à Washington, pris d’assaut par des soutiens de l’ancien président américain, arguant que la plateforme avait laissé de nombreux messages d’incitation à la violence être diffusés sans réelle modération. Apple et Google ont retiré l’application de leurs plateformes de téléchargement pour les mêmes raisons.

La juge Barbara Jacobs Rothstein a estimé que Parler n’avait pas réussi à prouver la nécessité d’une injonction préliminaire qui aurait contraint Amazon à rétablir l’accès au réseau social. Les poursuites judiciaires engagées par Parler peuvent toutefois continuer.

Pas d’atteinte à la liberté d’expression

Si elle a reconnu la possibilité de pertes financières pour le réseau, la juge Rothstein a écrit dans sa décision qu’Amazon Web Services (AWS) avait « défendu de manière convaincante l’idée que l’obligation d’héberger des contenus à caractère violent des usagers de Parler interférait avec la capacité d’AWS d’empêcher que ses services ne soient utilisés pour promouvoir – voire, comme l’ont montré les événements du 6 janvier 2021, pour provoquer – des violences. »

La juge a également rappelé que la procédure ne portait pas sur une atteinte à la liberté d’expression, protégée par la Constitution américaine, car Amazon était une entreprise privée et non une entité gouvernementale.

Une élue demande au FBI d’enquêter

Parler fait aussi l’objet de l’attention de la classe politique américaine. La présidente d’une commission parlementaire a demandé jeudi au FBI d’enquêter sur le rôle joué par le réseau dans l’invasion du Capitole.

Le FBI doit déterminer si Parler a « facilité la planification et l’encouragement de la violence », s’il « héberge des preuves clefs publiées par les utilisateurs » et s’il a pu « servir à des gouvernements étrangers susceptibles de financer des troubles civils aux Etats-Unis », a écrit Carolyn Maloney, présidente démocrate de la commission d’enquête de la Chambre des représentants.

Dans sa lettre elle demande aussi au directeur du FBI d’examiner les finances de la société et ses liens avec la Russie. Parler est notamment en affaire avec la société russe DDos-Guard, selon une déclaration adressée mardi à l’AFP par cette dernière. Le groupe russe n’avait toutefois pas précisé la nature de ces services.

Hébergeur russe

Le réseau social conservateur ne fonctionne plus depuis qu’Amazon lui a interdit l’usage de ses serveurs informatiques, mais il est partiellement « réapparu grâce à des services d’hébergement russes », souligne le communiqué de la commission. Il y a deux semaines, des centaines d’émeutiers pro-Trump ont envahi le Capitole et interrompu la certification de la victoire de Joe Biden par le Congrès.

« De nombreux utilisateurs de Parler ont été arrêtés et inculpés pour avoir menacé des élus ou pour leur participation à l’attaque », note le communiqué. L’événement a fait prendre des mesures radicales aux réseaux sociaux traditionnels, accusés d’avoir servi de base aux fans de Donald Trump.