Musique: L'essor du numérique se fait à l'économie

MIDEM Pour sa conférence-bilan du Midem de Cannes, le Syndicat national des éditeurs phonographiques a livré des chiffres inquiétants.

David Carzon

— 

Au Midem,le marché international de la musique, le 18 janvier 2009 à Cannes.
Au Midem,le marché international de la musique, le 18 janvier 2009 à Cannes. — Eric Gaillard / REUTERS
Envoyé spécial à Cannes, au Midem

Non seulement, le disque physique continue sa dégringolade mais les revenus issus de l’économie numérique se font toujours attendre, forçant également les enseignes culturelles et des artistes à certaines expérimentations.
 
En 2008, le marché de la musique a perdu 15% par rapport à l’an nier – soit une chute de 107 millions d’euros - pour s’établir à 606 millions d’euros. Sur le marché physique du CD, tous les répertoires et tous les supports souffrent: les variétés francophones baissent de 21%, celles internationales de 16% et le classique de 16% alors que jusqu’ici, celui-ci se portait plutôt bien. Autre mauvaise surprise: la chute spectaculaire de 46% des DVD musicaux. Depuis 2002, le marché global a perdu plus de la moitié de sa valeur.
 
C’est la première fois que cela arrive depuis le début de la crise. En 2008, les maisons de disques ont rendu plus de contrats qu’ils n’en ont signés. C'est-à-dire qu’il y a moins de nouveaux artistes. Il y a eu moins de 70 signatures de nouveaux talents l’an dernier quand il y en avait 171 en 2002. Une donnée qu’il faut toutefois compenser par une lecture attentive de classements de vente. En effet, sur les 20 meilleures ventes de l’année, il y a six premiers albums. Bref, de quoi donner envie d’aller chercher des nouveaux talents.

Une solution numérique? lHeureusement que les abonnements commencent à s’imposer, passant de 500.000 euros en 2007 à 17 millions en 2008. Car pour le reste, les téléchargements à l’acte et les revenus issus du téléphone mobile n’augmentent «que» de 21% pour un marché du numérique en hausse globale de 50%, à 76 millions d’euros. Ce qui est loin de compenser les pertes. Malgré une offre française considérée comme unique par les producteurs, le numérique ne représente que 12,5% de parts de marché quand il en fait 25% aux Etats-Unis. Sans compter que les nouveaux modèles économiques ont rapporté des revenus qualifiés de «négligeable» par la Sacem. Un exemple cité par la société de gestion de droits d’auteurs: le titre d’un rappeur écouté plus de 240.000 fois sur le site de musique en ligne gratuite Deezer rapporte 147 euros.
TAXE
Devant ces mauvais chiffres, la question est sur toutes les lèvres: faut-il taxer les fournisseurs d’accès à internet pour la musique comme on va le faire pour la télé? Les majors estiment qu’il faut d’abord tester les nouveaux modèles économiques. Pour la Sacem, une telle contribution serait légitime.