Hunter Biden, Donald Trump… Les patrons de Twitter, Google et Facebook passés au gril par le Congrès américain
MODERATION•Les élus républicains ont menacé de changer la loi qui protège les plateformes de poursuites judiciaires sur les contenus publiés par des tiers20 Minutes avec AFP
Faut-il revoir de fond en comble le fonctionnement de la modération sur les plateformes ? Les dirigeants de Twitter, Google et Facebook faisaient face mercredi à de vives critiques de la part de sénateurs américains sur la façon dont les contenus sont modérés sur leurs plateformes, un sujet sensible à moins d’une semaine de l’élection présidentielle aux Etats-Unis.
Sundar Pichai, Mark Zuckerberg et Jack Dorsey ont livré par visioconférence leurs remarques préliminaires aux membres de la commission du Commerce de la chambre haute du Congrès, défendant dans ses grandes lignes la Section 230 du « Communications Decency Act », qui empêche des poursuites judiciaires liées aux contenus publiés par des tiers.
Au début de l’audition, le sénateur républicain Roger Wicker, qui préside la commission, a appelé à une réforme en profondeur de la loi visant à renforcer la responsabilité des géants technologiques.
« Censure » des voix conservatrices
« Mon inquiétude est que ces plateformes sont devenues de puissants arbitres de la vérité et des contenus auxquels les usagers peuvent accéder », a affirmé le sénateur du Mississippi, Etat du sud des Etats-Unis. Il a notamment accusé Twitter et Facebook d’avoir « censuré » l’article du New York Post sur les emails présumés d’Hunter Biden, dont l’authenticité était en question.
« Le grand public américain est peu informé du processus de prise de décision lorsque les contenus sont modérés et les usagers ont peu de recours lorsqu’ils sont censurés ou limités », a-t-il ajouté.
M. Wicker a concentré ses attaques sur Twitter qu’il a accusé de partialité dans sa modération des messages publiés, estimant que les responsables conservateurs, à commencer par Donald Trump, y étaient ciblés de manière excessive, alors que plusieurs tweets du président américain, sur le Covid-19 et le vote par correspondance ont été signalés comme inexacts.
« Votre plateforme autorise des dictateurs étrangers à publier leur propagande sans restriction, tandis que vous limitez systématiquement le président des Etats-Unis », a-t-il fustigé.
Google veut protéger la loi existante
Jack Dorsey, qui est apparu en vidéo avec une barbe particulièrement fournie, s’en est défendu, assurant que le réseau réagissait aussi rapidement que possible pour modérer des contenus jugés inappropriés quels qu’ils soient.
Pour sa part, Sundar Pichai, le PDG de Google, a décrit la section 230 comme « un acte fondateur du leadership américain dans le domaine de la tech » et a averti les sénateurs face aux conséquences d’une transformation du texte aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers.
Mark Zuckerberg, qui a rencontré quelques problèmes pour se connecter, a lui ouvert la porte à des modifications de la section 230. « Je pense que le Congrès devrait mettre à jour la loi pour s’assurer qu’elle fonctionne comme cela a été prévu », a déclaré le patron de Facebook.


















