Les fans des parrains de la mafia choquent sur Facebook

ITALIE Les familles des victimes d'attentats se sont émues de ces groupes qui célèbrent deux anciens chefs de Cosa Nostra.

Sa. C. avec agence

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Les grèves touchant les transports publics, les universités et bientôt la fonction publique, ont suscité sur le réseau de socialisation Facebook la création de groupes hostiles à ces mouvements sociaux, souvent animés par des jeunes proches de l'UMP.
Les grèves touchant les transports publics, les universités et bientôt la fonction publique, ont suscité sur le réseau de socialisation Facebook la création de groupes hostiles à ces mouvements sociaux, souvent animés par des jeunes proches de l'UMP. — Facebook

Facebook au cœur d’une polémique. Des familles des victimes d’attentats mafieux ont condamné mardi l'existence sur le site de plusieurs groupes de fans faisant l'apologie de la mafia sicilienne et encensant les deux anciens chefs suprêmes de Cosa Nostra, l’une des mafias les plus puissantes d’Italie.

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«Fans de Toto Riina, un homme incompris»


Baptisés «Libérez Toto Riina», «Fans de Toto Riina, un homme incompris» ou encore «Tous ceux qui respectent Toto Riina», plusieurs groupes d'internautes rendent des hommages appuyés à cet ancien chef suprême de la mafia sicilienne, aujourd’hui âgé de 78 ans. Surnommé «la Bête», Toto Riina fut le commanditaire des juges Falcone et Borsellino en 1992. Il est arrêté l’année suivante et condamné une quinzaine de fois à la perpétuité.

Sur les pages de ces quelques groupes - qui dépassent rarement les 200 adhérents - les fans célèbrent un «homme d'honneur», un «père» qui, «s'il avait été libre, aurait empêché la crise» ou encore un «innocent» dont il faut «baiser les mains».

Son successeur Bernardo Provenzano, 75 ans, n'est pas oublié: un groupe de fans propose même la «sanctification» du dernier boss historique de Cosa Nostra, arrêté en avril 2006 après quarante-trois ans de cavale.

«Tout faire pour que cela n'arrive plus»

«Je suis indignée, le mal exerce encore de la fascination chez les jeunes. Il faut tout faire pour que cela n'arrive plus, mais certains messages sur Internet et certains films n'aident pas», a déploré mardi dans «La Repubblica» Maria Falcone, la soeur du juge Giovanni Falcone, figure emblématique de la lutte antimafia assassiné avec sa femme et son escorte le 23 mai 1992. «Les membres (de ces groupes) admirent les boss mafieux et plaisantent sur des crimes gravissimes» dénonce pour sa part, dans un communiqué, Giovanna Maggiani Chelli, responsable d'une association de victimes de la mafia.

Par contraste avec ces quelques centaines de fans, les sites de Facebook à la mémoire de Giovanni Falcone et de Paolo Borsellino, un autre juge assassiné par la mafia avec son escorte de cinq policiers en juillet 1992, comptent pour leur part plusieurs dizaines de milliers d'adhérents.